Gazenergie

L’hydrogène, nouvelle priorité de l’industrie gazière

L’hydrogène fait partie des thèmes prioritaires du secteur gazier pour mettre en place un approvisionnement en gaz climatiquement neutre à long terme. Un projet conduit par la HES de Suisse orientale, le Centre de recherches énergétiques et municipales (CREM), le consultant swr+ et la SSIGE a été réalisé en 2020 sous la forme d’une étude préalable autour de l’hydrogène dans le réseau de distribution.

Actuellement, la part d’hydrogène dans le réseau de distribution de gaz est limitée à 2 % en Suisse. Pour augmenter cette proportion, il faut d’abord mettre en place les bases techniques nécessaires afin de garantir une exploitation sûre du réseau. L’étude préalable a compilé les données relatives à la teneur en hydrogène dans le réseau gazier, en mettant en avant le scénario d’une proportion de 10 % d’hydrogène et les conséquences sur le réseau de distribution, les clients industriels qui utilisent le gaz comme énergie de processus et les stations GNC. Un secteur du réseau de Dietikon (ZH) a, en outre, été analysé sous l’angle de son aptitude à accepter de l’hydrogène, dans l’optique d’un essai d’injection d’hydrogène en conditions réelles, estimation des coûts à la clé. Une stimulation d’injection d’hydrogène a aussi été exécutée afin de pouvoir suivre les changements et fluctuations de la qualité du gaz.

Cette étude est un premier pas et pose un jalon important pour la diffusion dans la branche des connaissances acquises concernant l’hydrogène. L’exercice a confirmé qu’un grand nombre de résultats obtenus dans d’autres pays peuvent être transposés directement sur le réseau de distribution suisse et ses utilisateurs. L’accès à ces informations est garanti par la participation à des organismes internationaux, comme l’association technique de l’industrie du gaz en Europe (MARCOGAZ), l’institut européen de recherche pour le gaz et l’énergie (ERIG) ainsi que l’étroite collaboration avec les pendants allemand et autrichien de la SSIGE (Deutscher Verein des Gas- und Wasserfaches, DVGW, et Österreichische Vereinigung für das Gas- und Wasserfach, ÖVGW). Les connaissances ainsi compilées peuvent maintenant être mises à profit dans la mise au point des directives et serviront de base technique à l’injection d’hydrogène à une teneur de 10 % dans le réseau de distribution.

L’analyse pratique d’un réseau de distribution de gaz sous l’angle de son aptitude à accepter de l’hydrogène réalisée dans le cadre de ce projet est une première en Suisse. Toutes les installations du réseau de distribution concerné ont été répertoriées et toutes les données pertinentes, collectées. Il est ressorti de l’analyse que ce secteur de réseau pourrait même accepter une proportion d’hydrogène allant jusqu’à 20 %. Les autres applications du gaz que sont la mobilité GNC et la chaleur industrielle ont aussi fait l’objet d’une analyse détaillée. Bilan : la part d’hydrogène devait être limitée à 2 % pour l’injection dans les stations GNC, du fait que certains véhicules sont encore équipés de réservoirs GNC d’un certain âge. Des concepts de protection existent déjà, mais ils gonflent les coûts. Pour les clients qui utilisent le gaz comme énergie de processus, des solutions acceptant une proportion plus élevée d’hydrogène sont possibles et ont déjà été intégrées à de nombreux projets. Les besoins, les pistes possibles et les coûts doivent être clarifiés cas par cas. Les clients industriels pourraient toutefois devenir les moteurs d’injections locales et constantes d’hydrogène dans les réseaux de distribution.