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Washington prolonge la suspension de sanctions contre Téhéran

Zürich, 14.09.2017

 

Les Etats-Unis ont décidé jeudi de maintenir l'allègement des sanctions lié à l'accord nucléaire iranien. L'administration Trump a toutefois présenté ce geste comme "temporaire" et fait savoir qu'elle poursuivait sa réflexion sur sa politique vis-à-vis de Téhéran.

Parallèlement à cette annonce, le Trésor américain a pris des mesures ciblées contre près d'une douzaine d'individus et d'entités qui soutiennent les Gardiens de la Révolution en Iran ou qui ont mené des cyber-attaques contre le système financier américain.

La prolongation de l'exemption des sanctions est "une décision temporaire", a déclaré un responsable américain sous couvert d'anonymat, soulignant qu'aucune décision n'a été prise quant au devenir de l'accord sur le nucléaire. "L'administration a approuvé cette suspension pour se donner plus de flexibilité", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Heather Nauert.

Il s'agit de laisser "le temps au président et à son cabinet de prendre une décision finale sur la politique que suivront les Etats-Unis" quant à l'accord JCPOA de non prolifération (Joint Comprehensive Plan of Action), signé en 2015 à Vienne par l'Iran et les grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

Décision d'ici mi-octobre

Donald Trump doit décider d'ici mi-octobre s'il "certifie" ou non devant le Congrès que Téhéran respecte les termes de cet accord. "Vous connaîtrez ma décision très prochainement en octobre", a déclaré le président américain, à bord de Air Force One, estimant que "cet accord n'aurait jamais dû être passé". "Ils (les Iraniens) violent les différents termes (de l'accord) et ils violent l'esprit de l'accord", a-t-il également estimé.

Donald Trump doit renouveler cette démarche tous les 90 jours, et, bien qu'il ait promis avant son élection de "déchirer" l'accord nucléaire, il l'a depuis validé à deux reprises. Mais ces dernières semaines, il a dénoncé les agissements de l'Iran.

L'Iran a réagi jeudi par la voix de son ministre des affaires étrangères, Javad Zarif. Ce dernier a indiqué que l'accord n'était pas renégociable. "Un meilleur accord est fantaisiste", a-t-il estimé sur son compte Twitter.

Par ailleurs, plusieurs pays tenteraient d'organiser la semaine prochaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU une réunion des sept signataires de l'accord avec l'Iran, a-t-on appris jeudi de sources diplomatiques. Cette rencontre pourrait se tenir mercredi soir au niveau des ministres des affaires étrangères des pays concernés, selon ces sources.

L'AIEA absout l'Iran

L'accord sur le nucléaire iranien prévoit une levée progressive et conditionnelle des sanctions en échange de garanties que Téhéran ne se dotera pas de l'arme atomique. Depuis, de nombreuses sanctions internationales ont été levées, ouvrant notamment la porte aux investissements étrangers. Début juillet 2017, le groupe français Total, à la tête d'un consortium international, a ainsi signé un accord avec l'Iran.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est, elle, chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens. Et dans son dernier rapport d'étape, publié fin août, elle estime que l'Iran respecte bien ses engagements.