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Washington menace la Corée du Nord de nouvelles sanctions

Zürich, 21.09.2017

 

Le bras de fer se poursuit entre Washington et Pyongyang. Les Etats-Unis menaçaient jeudi la Corée du Nord de nouvelles sanctions alors que cette dernière évoquait le sort de ses enfants en cas de nouvelles mesures de rétorsion.

Donald Trump devait s'exprimer dans la soirée voire dans la nuit après des rencontres avec ses alliés japonais (le premier ministre Shinzo Abe) et sud-coréen (le président Moon Jae-In). Le président américain attendait aussi la tenue d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi soir sur la non-prolifération nucléaire.

Lors de cette réunion agendée à 22h00 (heure suisse), le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson devait insister pour une pleine application des sanctions internationales.

S'exprimant devant l'Assemblée générale de l'ONU, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a déclaré jeudi soir que brandir "l'hystérie militaire mène non seulement à l'impasse mais aussi à la catastrophe". A la même tribune, son homologue chinois Wang Yi a estimé que "la négociation était la seule solution".

Les 28 Etats membres de l'Union européenne auraient par ailleurs donné leur feu vert à l'adoption de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, selon deux sources diplomatiques à Bruxelles. Ces sanctions devraient notamment imposer une interdiction totale pour les entreprises européennes d'exporter du pétrole vers Pyongyang.

Mardi, à la tribune de l'Assemblée générale, Donald Trump a menacé de "détruire complètement la Corée du Nord" et "son régime vicieux".

Les enfants, premières victimes

Pyongyang a réagi mercredi soir par le biais de son ambassadeur auprès de l'ONU à Genève. "Le blocus et les sanctions permanentes et vicieuses contre la République populaire démocratique de Corée nuisent non seulement aux initiatives menées pour la protection et la défense des droits de l'enfant, mais menacent aussi gravement leur droit à la survie", a déclaré Han Tae-song.

Il a notamment cité les effets des sanctions sur la production d'aliments pour les enfants ou la publication de manuels scolaires.

Dans le même temps, des experts indépendants du Comité des droits de l'enfance ont interpellé la délégation nord-coréenne sur des allégations faisant état d'enfants condamnés aux travaux forcés, victimes d'abus sexuels ou de trafics.

La délégation de Pyongyang n'a pas répondu à la question des abus sexuels, indiquent les "minutes" de cette session diffusées par l'ONU. Sur la question du travail forcé, elle a apporté un démenti, ajoutant qu'il était interdit et que le travail aux champs des jeunes Nord-Coréens ne pouvait excéder trois semaines par an.

Séoul veut éviter le conflit

Du côté de la Corée du Sud, on se veut pragmatique. Le président Moon a appelé jeudi devant l'ONU à apaiser les tensions pour éviter "un affrontement militaire accidentel" avec Pyongyang. La Corée du Sud ne veut pas "l'effondrement" de la Corée du Nord.

Avec un bémol toutefois: il faut que le régime de Kim Jong-un "cesse immédiatement les choix insensés qui pourraient mener à la chute" et "renonce à son programme nucléaire de façon vérifiable et irréversible", a ajouté M. Moon, en demandant à la communauté internationale de "riposter de façon plus vigoureuse" en appliquant les sanctions et en envisageant "d'autres mesures en cas de nouvelles provocations".

"Menace sans précédent"

La diplomatie chinoise a, elle, réaffirmé "rester engagé dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne" tout en martelant que le "dialogue" et un processus "pacifique étaient les uniques moyens" d'y parvenir.

La Chine et la Russie, plus proches soutiens de Pyongyang, continuent à plaider pour des pourparlers diplomatiques, estimant qu'une action militaire serait catastrophique.

Mercredi, Shinzo Abe a toutefois apporté son soutien à la position de Washington, répétant que "toutes les options sont sur la table" pour ramener le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à la raison.

"Ce qu'il nous faut, ce n'est pas du dialogue mais de la pression", a insisté le premier ministre nippon. Il est vrai que son pays a été récemment survolé deux fois par des missiles de Pyongyang, qui avait procédé aussi à son essai nucléaire le plus puissant à ce jour.