Gazenergie

Raids israéliens sur une infrastructure militaire dans l'ouest

Zürich, 07.09.2017

 

Des raids aériens israéliens menés avant l'aube contre une infrastructure militaire ont fait deux morts jeudi dans l'ouest de la Syrie. Ils ont eu lieu dans une région où le régime est accusé de développer des armes chimiques, a rapporté l'armée syrienne.

"Des avions de guerre israéliens ont tiré des missiles depuis l'espace aérien libanais, ciblant une de nos positions militaires à proximité de Mesyaf. Ils ont provoqué des dégâts matériels et la mort de deux membres du site", a affirmé l'armée dans un communiqué. Cet "acte agressif" pourrait avoir de "dangereuses répercussions pour la sécurité et la stabilité de la région", souligne-t-il.

La frappe a touché un camp d'entraînement et une branche du Centre de recherches et d'études scientifiques de Syrie (SSRC). Situé au nord de la localité de Mesyaf -entre la ville de Hama (centre) et un port utilisé par la marine russe (Tartous)-, ce site serait utilisé par l'Iran, allié du régime, et le Hezbollah.

Gaz sarin

Les Etats-Unis ont accusé le SSRC de développer du gaz sarin, une arme qui selon l'ONU a été utilisée pour une attaque chimique meurtrière sur la localité syrienne de Khan Cheikhoun le 4 avril. Mercredi, des enquêteurs de l'ONU ont indiqué pour la première fois que le gouvernement syrien était responsable de cette attaque de Khan Cheikhoun, accusant Damas de "crime de guerre".

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé que les frappes de jeudi avaient visé le SSRC, sans pour autant pouvoir dire quel type d'armement y était produit.

L'OSDH, qui s'appuie sur un large réseau de sources à travers la Syrie, précise que le site visé était connu pour être utilisé par du personnel militaire iranien -qualifié "d'experts"- et des combattants du Hezbollah.

Un message à la Syrie

Un ancien chef des renseignements militaires israéliens, Amos Yadlin, affirme que ça n'est pas une opération "de routine" et, si la frappe est l'oeuvre d'Israël, il s'agit d'un message pour dire qu'il "ne permettra pas la production d'armes stratégiques" en Syrie. "Ce serait également un message adressé aux grandes puissances sur les lignes rouges fixées par Israël", a-t-il affirmé.

Enfin, selon M. Yadlin, il est aussi question de prouver que "les systèmes de défense russes déployés en Syrie n'empêchent pas les opérations israéliennes".

Un ex-général israélien, Yaakov Amidror, qui fut aussi conseiller à la sécurité nationale, a établi un lien entre cette frappe et le récent déplacement effectué à Damas par Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah. "Des systèmes d'armements ont été transférés entre ce centre et le Hezbollah pendant toutes ces années", a-t-il affirmé à la presse.