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Quatorze morts en Catalogne, une attaque plus vaste évitée

Zürich, 18.08.2017

 

La police catalane a lancé une vaste opération antiterroriste vendredi après avoir abattu cinq suspects à Cambrils, à 120 km au sud de Barcelone. La capitale catalane a été endeuillée quelques heures plus tôt par une attaque à la fourgonnette. Les attaques ont fait au moins 14 morts.

Son auteur, que des témoins disent avoir vu s'enfuir à pied, est toujours recherché. Au total, les deux attaques ont fait 130 blessés, dont une vingtaine sont très grièvement touchés, ce qui fait craindre que le bilan ne s'alourdisse.

La course meurtrière d'un véhicule projeté sur des piétons rappelle les attaques commises depuis un an à Nice, Londres, Berlin ou Stockholm, qui ont fait plus de 100 morts. Et les circonstances du drame ont à nouveau alimenté le débat sur les mesures de sécurité à prendre face à de telles attaques.

Cellule de huit personnes

Le groupe Etat islamique a revendiqué l'attaque sur la célèbre avenue de Las Ramblas, qui, selon la police, s'inscrivait dans un projet plus large d'attentats coordonnés. Les enquêteurs estiment qu'une cellule de huit personnes pourrait être impliquée et avoir planifié à l'origine un attentat avec des bonbonnes de gaz, dit-on de source judiciaire.

Moins de huit heures après l'attaque au véhicule-bélier de Barcelone, la police catalane a annoncé dans la nuit avoir tué cinq assaillants dans la station balnéaire de Cambrils, où une femme espagnole a aussi trouvé la mort. Les suspects portaient de fausses ceintures explosives.

Circulant en voiture, ils ont voulu foncer sur des touristes sur le front de mer mais leur véhicule s'est retourné. Ils ont alors essayé de poignarder des passants avant d'être abattus, quatre sur place, le cinquième à quelques centaines de mètres.

Explosion à Alcanar

Outre la femme tuée, plusieurs civils et un policier ont été blessés au cours de cette attaque, pour laquelle un lien a été établi avec l'attentat mené sur les Ramblas. Ces deux événements sont eux-mêmes liés à une explosion survenue dans une maison d'Alcanar, toujours en Catalogne.

La déflagration mercredi soir a fait un mort et c'est dans cette maison que les attentats ont été préparés, a dit le chef de la police catalane, Josep Lluis Trapero. Lors d'un autre incident, dont on ignore s'il est lié aux premiers, un homme est mort après avoir précipité sa voiture sur un barrage routier à Barcelone.

Avant son intervention à Cambrils, la police catalane a annoncé l'arrestation de deux individus, un Marocain et un homme originaire de Melilla, enclave espagnole en Afrique du Nord, à Ripoll et à Alcanar. Aucun de ces deux hommes n'est le conducteur de la fourgonnette ayant semé la mort à Barcelone.

Une troisième personne a été arrêtée vendredi matin à Ripoll, a annoncé la police, sans préciser son identité ni son rôle éventuel. Elle a fait état plus tard de l'arrestation d'un quatrième suspect.

Minute de silence

A Barcelone, les habitants ont observé une minute de silence à midi en mémoire des victimes, en présence du roi Felipe et du président du gouvernement, Mariano Rajoy.

Des témoins ont rapporté que le véhicule qui a semé la mort avait descendu les célèbres Ramblas à partir de la place de Catalogne en zigzaguant dans la foule à vive allure, fauchant ou projetant dans les airs piétons et cyclistes.

Les victimes - morts et blessés - sont de 35 nationalités différentes, Barcelone et la côte méditerranéenne espagnole attirant un grand nombre de touristes du monde entier. Vingt-huit blessés sont de nationalité française, dont 8 sont dans un état grave. Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) n'a à ce stade pas d'indications concernant des victimes suisses dans ces attentats.

Deuil National

La France, par la voix d'Emmanuel Macron, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie ou encore le Vatican ont exprimé leur solidarité envers l'Espagne.

La présidente de la Confédération Doris Leuthard a condamné l'attaque "de la manière la plus forte" jeudi soir sur Twitter, se disant en pensées avec les victimes et leurs proches. Le chef de la diplomatie suisse Didier Burkhalter a lui présenté ses condoléances à la population et au gouvernement espagnol.

Mariano Rajoy a annoncé trois jours de deuil national. "Ce sont des assassins, rien de plus que des criminels qui ne nous terroriseront pas. Toute l'Espagne est Barcelone", a réagi le palais royal sur Twitter.