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Pyongyang fait fi de l'ONU et tire un nouveau missile

Zürich, 15.09.2017

 

La Corée du Nord a répondu aux sanctions votées par le Conseil de sécurité de l'ONU via un nouveau tir de missile intermédiaire dans le Pacifique dans la nuit de jeudi à vendredi. L'engin est passé au-dessus du Japon sans faire de dégâts. Les condamnations sont unanimes. Le Conseil de sécurité de l'ONU a "fermement condamné" en soirée ce tir "hautement provocateur".

Il s'agit d'"actes scandaleux", selon le Conseil qui demande à la Corée du Nord "de les arrêter immédiatement", dans une déclaration publiée à l'issue d'une réunion d'urgence à huis clos. "Ces actions ne sont pas seulement une menace pour la région mais aussi pour tous les Etats membres de l'ONU".

Les tirs nord-coréens "comme ses autres récentes actions et déclarations publiques sapent délibérément la paix régionale et la stabilité", ajoute le texte - qui ne parle pas de nouvelles sanctions - et qui a été approuvé par les 15 membres du Conseil de sécurité, dont le Japon, membre non-permanent.

Selon les autorités nippones, le missile a survolé l'île septentrionale japonaise de Hokkaido à 07h06 locales (00h06 en Suisse), avant de tomber dans le Pacifique à environ 2000 km à l'est d'Hokkaido. C'est la seconde fois en moins d'un mois qu'un missile nord-coréen survole le Japon. Le précédent engin passé au-dessus du nord du pays, un missile intercontinental, avait été tiré le 29 août.

Tiré depuis Pyongyang

Les autorités japonaises ont souligné que le système d'avertissement J-Alert avait été déclenché dans plusieurs régions du nord de l'archipel après ce nouveau tir du régime de Pyongyang. "Un missile passe. Ne ramassez surtout pas des objets que vous pourriez trouver", a précisé le système J-Alert. Les habitants ont été incités à trouver refuge mais aucun dommage n'a été rapporté.

Les services de train entre Hokkaido et l'île principale du Japon, Honshu, ont été temporairement suspendus après le tir. D'autres lignes ont été momentanément arrêtées.

D'après le ministère sud-coréen de la défense, ce tir est parti d'un site près de l'aéroport de Pyongyang. Il aurait parcouru une distance d'environ 3700 km et atteint une altitude maximale de 770 km. Soit plus loin et plus haut que le missile Hwasong-12 tiré fin août. Selon le Pentagone, il s'agissait d'un missile balistique à portée intermédiaire et non d'un missile intercontinental (ICBM).

Moscou et Pékin priés de réagir

"Si la Corée du Nord continue sur cette voie, son avenir ne sera pas radieux", a réagi le premier ministre japonais Shinzo Abe. Selon lui, le Japon "ne tolérera jamais les dangereux actes provocateurs de la Corée du Nord, qui menacent la paix dans le monde".

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a enjoint la Chine, principal allié et soutien économique de Pyongyang, et la Russie, à faire directement pression "de leur propre chef" sur Pyongyang.

Pékin, qui a condamné le tir et appelé à la retenue, a renvoyé Pyongyang et Washington dos à dos, jugeant "irresponsables" les critiques américaines l'appelant à accentuer sa pression sur le Nord. "Le coeur du problème, c'est l'opposition entre la Corée du Nord et les Etats-Unis (...) La Chine n'est pas à l'origine de l'escalade des tensions", a réagi la porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

Les présidents russe et français, Vladimir Poutine et Emmanuel Macron, ont pour leur part appelé à des "négociations directes" avec Pyongyang pour faire baisser les tensions. Lors d'un entretien téléphonique, ils ont hugé "inadmissible" la poursuite de l'escalade dans la péninsule, selon le Kremlin.

Séoul tire ses propres missiles

Les dernières sanctions de l'ONU sont les plus restrictives à ce jour, avec une limitation des exportations de pétrole et de produits raffinés vers Pyongyang ou l'interdiction des achats de textile nord-coréen.

La Corée du Sud a elle réagi avec des exercices de tirs de missiles Hyunmu. Un engin a parcouru 250 km, soit une distance suffisante pour atteindre en théorie le site de lancement nord-coréen de Sunan, près de l'aéroport de Pyongyang. Mais un autre tir a échoué peu après le lancement.

Le président sud-coréen Moon Jae-In a déclaré au conseil de sécurité nationale que le dialogue avec le Nord était "impossible dans une telle situation", ajoutant que Séoul avait la capacité d'anéantir son voisin. Londres et Berlin ont également exprimé leur indignation. L'UE a aussi condamné le tir de missile.