Gazenergie

Producteurs de viande et ONG français s'opposent au CETA

Zürich, 08.09.2017

 

Les professionnels de l'élevage et plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) se sont opposés vendredi à l'entrée en vigueur en France du traité de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et le Canada. Un rapport qui comporte des réserves importantes sur les plans environnemental et sanitaire vient d'être publié sur sol hexagonal.

Ces revendications sont formulées alors que le gouvernement doit présenter mercredi prochain "les enseignements" qu'il tire de ce rapport d'experts chargés d'évaluer les impacts du traité de libre-échange UE-Canada, le CETA.

L'accord doit entrer provisoirement en vigueur le 21 septembre mais il est au centre de controverses dans plusieurs pays européens, en raison de craintes de voir la concurrence entre secteurs agricoles accrue, les normes sanitaires et environnementales affaiblies et certaines politiques publiques entravées.

"Le rapport (...) confirme les craintes des professionnels de la filière élevage et viande française quant aux conséquences très préjudiciables de cet accord", indique dans un communiqué l'interprofession du bétail et de la viande, Interbev.

L'organisation demande, par conséquent, au président Emmanuel Macron "de refuser l'application de cet accord, destructeur pour nos filières et allant à l'encontre de nos choix d'alimentation". Et elle appelle les parlementaires, qui devront prochainement se prononcer sur le texte, "à le rejeter au regard de ces conclusions".

"Incompatible" avec l'accord de Paris

Dans un communiqué commun, la Fondation pour la nature et l'homme, (FNH, ex Nicolas Hulot), l'institut Veblen et Foodwatch ont appelé, de leur côté, Emmanuel Macron "à bloquer l'application provisoire prévue le 21 septembre et à renégocier l'accord", estimant que le CETA "fait peser des risques sur l'environnement, l'alimentation, la santé, le climat et l'agriculture".

Cet accord, "incompatible" avec l'accord de Paris, "va entraîner une hausse des émissions de gaz à effet de serre". Et il "menace la capacité des pays de développer de nouvelles réglementations indispensables pour lutter contre le changement climatique et renforcer les normes de protection des consommateurs par exemple en matière d'OGM", estiment les signataires.

Après avoir reçu ce rapport vendredi matin, le gouvernement a, dans un communiqué, affirmé que "la Commission identifie plusieurs points de vigilance associés à l'entrée en vigueur du CETA". Il note qu'elle "recommande au gouvernement de prendre un certain nombre de mesures pour s'assurer d'une mise en oeuvre de l'accord conforme à l'objectif d'assurer des niveaux élevés de protection de l'environnement et de la santé, et cohérente avec les objectifs de l'accord de Paris".