Gazenergie

Pluie d'obus sur Alep, des habitants en difficultés respiratoires

Zürich, 25.11.2018

 

Des obus tirés sur Alep en Syrie ont fait des dizaines de blessés. Les bombardements ont entraîné des difficultés respiratoires chez les habitants. Les médias étatiques pointent les rebelles du doigt.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), sans être en mesure de déterminer les responsables de l'attaque, a fait état d'au moins "32 cas de suffocation", dont six enfants et 13 femmes, dans deux quartiers de cette ville du nord-ouest du pays. Il assure que ses sources évoquent une "odeur de chlore". L'agence Sana, qui cite un responsable des services de santé, rapporte que deux quartiers d'Alep ont été touchés par des obus contenant des gaz.

L'agence officielle fait état de 50 cas de suffocation. "Les groupes terroristes armés ont visé en soirée les quartiers de Khaldiyé et Al-Nil dans la ville d'Alep avec des roquettes contenant des gaz toxiques", assure-t-elle sur son site Internet. Le média utilise la terminologie habituelle des autorités pour désigner les insurgés, rebelles et djihadistes. Alep est une ville sous contrôle du gouvernement syrien.

Le directeur des services de santé d'Alep, Ziad Hajj Taha, a fait état de 50 cas de suffocation alors qu'il était interrogé par la télévision étatique syrienne. Il a évoqué une "probable" attaque "au gaz de chlore toxique", sur la base des symptômes que présentent les blessés. "Tout est sous contrôle, les blessés sont en train d'être soignés", a-t-il ajouté, précisant toutefois que deux enfants se trouvaient dans un "état critique".

Neuf morts à Idleb

Dans la province d'Idleb, tenue par les rebelles, neuf personnes ont été tuées par des bombardements de l'armée syrienne, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Les neuf morts sont deux femmes et sept enfants tués à Djardjanaz, où a été instaurée une zone tampon en vertu d'un accord conclu par la Turquie et la Russie. La création de cette zone a permis d'éviter une offensive gouvernementale de grande ampleur dans la région où vivent près de trois millions de civils.

De très nombreux groupes rebelles sont présents dans la province d'Idlib. Le principal est Tahrir al Cham, une alliance islamiste dirigée par des combattants qui étaient autrefois liés à Al Qaïda. Moscou a récemment accusé les insurgés de chercher à torpiller l'accord, tandis que les rebelles reprochent à l'armée syrienne ne pas respecter le cessez-le-feu dans cette zone.

D'autres accusations

Ce n'est pas la première fois que les médias étatiques accusent les rebelles d'une attaque aux "gaz toxiques" contre Alep, conquise fin 2016 dans son intégralité par le pouvoir de Bachar al-Assad, après avoir été divisée pendant des années entre quartiers gouvernementaux et secteurs insurgés.

En octobre 2016, les médias officiels avaient accusé les rebelles d'avoir utilisé du "gaz toxique" dans la ville et avaient rapporté 35 cas de suffocation. Ces derniers mois, les autorités de Damas, mais aussi leur allié russe, ont accusé les insurgés de la province d'Idleb, voisine d'Alep, d'avoir en leur possession des armes chimiques.

Les deux alliés ont accusé à plusieurs reprises les rebelles de vouloir utiliser ces armes dans les territoires insurgés, pour ensuite accuser le régime d'avoir mené une attaque chimique contre les civils.

Frappes de représailles

En avril, le pouvoir syrien avait conquis le bastion rebelle de la Ghouta orientale, aux portes de la capitale. Il avait été accusé d'y avoir mené une attaque chimique qui a fait 40 morts civils selon les secouristes en zones rebelles. Le gouvernement a toujours réfuté ces accusations. Les Occidentaux avaient réagi en menant des frappes de représailles.

Fin août 2016, une commission d'enquête de l'ONU et de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques avait accusé le groupe djihadiste État islamique d'avoir utilisé en 2015 du gaz moutarde à Marea, dans la province d'Alep.