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Pas d'enquête contre le président Temer, demande le procureur

Zürich, 26.09.2018

 

Le procureur général du Brésil a demandé mardi à la Cour suprême de suspendre l'enquête ouverte sur le président Michel Temer dans une affaire de corruption passive avec le groupe de construction Odebrecht en 2014.

Dans un communiqué, le ministère de la Justice souligne que le président "dispose de l'immunité provisoire devant des poursuites pénales". La constitution brésilienne "interdit que le président soit poursuivi pour des actes antérieurs à son mandat", qui a débuté en 2016 pour Michel Temer, suivant la destitution par le Parlement de la présidente de gauche Dilma Rousseff.

Début septembre, la police fédérale avait demandé à la Cour suprême d'ouvrir une enquête sur des faits présumés de corruption passive et de blanchiment d'argent à l'encontre de Michel Temer, en relation avec l'affaire Odebrecht, qui a touché plusieurs pays d'Amérique latine.

Le président de centre droit, qui bat des records d'impopularité, avait rejeté cette demande, estimant que toute enquête "porterait atteinte à la logique et à la chronologie des faits".

D'après le portail d'informations G1, Michel Temer aurait reçu en mars 2014 une somme de 1,43 million de réais (environ 340'000 francs) de la part d'Odebrecht, après une demande faite par l'actuel ministre des Mines et de l'Energie Moreira Franco.

Le procureur général, Mme Raquel Dodge, a également demandé à la Cour suprême que ce ministre ne fasse pas l'objet d'une enquête, de même que son chef de cabinet.

Procédures de destitution avortées

En outre, le PMDB (rebaptisé depuis MDB) de M. Temer aurait reçu 10 millions de réais (2,4 millions de francs) de Odebrecht pour la campagne électorale de 2014, dans laquelle il figurait en tant que vice-président sur le ticket de Dilma Rousseff.

Cette dernière avait ensuite été réélue chef de l'Etat avant d'être destituée par le Congrès et de laisser la place à Michel Temer. Celui-ci a déjà échappé l'an dernier à deux procédures de destitution pour corruption.

L'an dernier, la Chambre des députés, dans laquelle il a beaucoup d'alliés, avait rejeté par deux fois son jugement devant la Cour suprême. Il avait été accusé de corruption passive, d'appartenance à une organisation criminelle et d'obstruction de la justice, après des aveux de dirigeants du groupe agroalimentaire JBS.

Michel Temer bénéficie de l'immunité jusqu'au 1er janvier 2019, date à laquelle il remettra les clés du palais présidentiel à Brasilia à son successeur élu en octobre prochain.