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Nouvelles sanctions sévères ou pourparlers avec Pyongyang ?

Zürich, 10.09.2017

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé par Washington à se prononcer lundi sur de nouvelles sanctions sévères contre la Corée du Nord, accusée de menacer la paix avec ses programmes nucléaires. Alors que le patron de l'ONU se dit très inquiet de la crise, la chancelière allemande Angela Merkel prône une nouvelle approche: des pourparlers comme pour le nucléaire iranien.

Le défi est double pour le Conseil et ses cinq membres permanents dotés du droit de veto (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Chine), aux positions souvent diamétralement opposées: ils doivent préserver leur unité face à Pyongyang, affichée lors des dernières prises de sanctions, et adopter des mesures toujours plus fortes pour prouver leur détermination.

Il faut "garder à tout prix l'unité du Conseil de sécurité car il s'agit du seul instrument qui puisse conduire à une initiative diplomatique avec des chances de succès", a souligné dimanche le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dans un entretien au Journal du dimanche. Il ne cache toutefois pas que la crise avec la Corée du Nord est "la plus grave que nous ayons eu à traiter depuis des années". Il se dit "très inquiet".

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, a aussi exprimé ses critiques ce week-end. Sur la BBC, il a parlé "d'une menace mondiale" qui requiert une "réponse mondiale".

Déjà sept trains de mesures

Par les sanctions, l'ONU tente de pousser la Corée du Nord à négocier. Cette démarche a connu dans le passé des précédents positifs (Afrique du Sud, Iran) mais après des années et des années de sanctions.

Il y a un mois, les Etats-Unis avaient réussi après de longues négociations à obtenir un vote favorable pour un septième train de sanctions de la Chine et de la Russie, principaux soutiens de la Corée du Nord, avec laquelle elles partagent une frontière. Les mesures prévoyaient alors une interdiction d'importer du charbon, du fer et des crustacés nord-coréens.

Convaincre Moscou et Pékin

Qu'en sera-t-il lundi ? Quelle dureté de texte sera retenue après le dernier essai nucléaire nord-coréen du 3 septembre? Le premier document soumis mercredi par Washington a été largement rejeté par Moscou et par Pékin, selon des sources diplomatiques.

Il prévoit l'inspection par la force de navires suspects, un embargo total sur le pétrole, les produits pétroliers et le gaz, une interdiction d'importer du textile nord-coréen, un renvoi des expatriés nord-coréens dans leur pays, un gel des avoirs du dirigeant Kim Jong-Un, une interdiction d'entreprises communes avec Pyongyang et la fermeture de celles qui existent aujourd'hui.

Selon des diplomates, Moscou et Pékin, qui ne veulent pas voir la Corée du Nord s'effondrer avec une arrivée massive de réfugiés, ont refusé d'emblée la majorité des mesures proposées, n'acceptant de sanctionner que le textile. Mais les deux capitales n'ont pas rejeté le texte en bloc. Tous les membres du Conseil veulent un accord et sont disponibles pour négocier, assurent plusieurs diplomates.

Merkel prête à négocier

L'Allemagne est pour sa part favorable à une solution diplomatique et le fait savoir: Angela Merkel propose une nouvelle approche en citant en exemple les pourparlers avec l'Iran qui avaient abouti à un accord en 2015. "Je dirais oui immédiatement s'il était demandé (à l'Allemagne) de participer à des discussions", a-t-elle indiqué dans les colonnes d'un hebdomadaire allemand.

Ces tractations avec Téhéran constituaient, selon la chancelière, "une longue mais importante période de diplomatie, qui a débouché sur une fin satisfaisante. Je peux imaginer un même processus pour le règlement du conflit en Corée du Nord. L'Europe, et particulièrement l'Allemagne, est prête à apporter une contribution active", a-t-elle ajouté.

En attendant, à Pyongyang, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a présidé samedi aux célébrations du 69e anniversaire de la république populaire. Il a notamment félicité les scientifiques à l'origine du sixième essai nucléaire de la Corée du Nord, il y a une semaine.