Gazenergie

Nicolas Hulot: il faudra fermer au moins six réacteurs d'ici 2028

Zürich, 22.11.2018

 

Il faudrait fermer six réacteurs nucléaires d'ici 2028, en plus des deux de Fessenheim, a estimé jeudi Nicolas Hulot. L'écologiste a aussi affirmé qu'il ne soutiendrait aucune liste aux élections européennes.

Le gouvernement français doit annoncer mardi la feuille de route énergétique de la France pour les 10 ans à venir. "Attendons de voir", a dit Nicolas Hulot, dans "L'émission politique" de France 2. "Le 50% de nucléaire n'est pas remis en cause, et pour moi c'est un marqueur important".

La loi prévoit de ramener la part du nucléaire dans la production électrique à 50% (71% aujourd'hui), mais le gouvernement a fait passer fin 2017 l'échéance à 2030 ou 2035 au lieu de 2025 initialement. "2035 c'est bien, à condition qu'on ait un calendrier, un échéancier, qu'on nomme les réacteurs", a-t-il dit: "Qu'il y en ait au moins six d'ici 2028, plus Fessenheim, et qu'on ait fermé les 4 centrales à charbon".

Mais "si on le fait à la fin de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) ou dans les trois dernières années, comme certains le préconisent, je vous fiche mon billet qu'on ne le fera pas", a-t-il ajouté. Le passage de 2025 à 2035, "je l'assume car on avait pris trop de retard, et sauf à se mettre dans des problèmes de sécurité d'approvisionnement, ce n'était pas jouable", a-t-il encore dit.

"Réduire notre consommation"

Le gouvernement planche sur trois scénarios, allant de 0 à 6 fermetures de réacteurs d'ici 2028 (en plus de deux à Fessenheim). Mais "quel que soit le modèle, il y a une priorité", a ajouté l'ex-ministre de la Transition écologique.

Il faut "mettre le paquet sur l'efficacité énergétique, réduire notre consommation, parce que c'est immédiatement des effets bénéfiques, sociaux et économiques, et là on n'est pas dans la trajectoire", a-t-il ajouté.

Suggérant des investissements hors critères de Maastricht de 1000 milliards d'euros au niveau européen, il s'est offusqué que "pour sauver la planète on n'ose pas envisager ce qu'on a fait en 2008 pour sauver les banques."

"Fantasme de journaliste"

Nicolas Hulot a aussi déclaré jeudi soir qu'il ne soutiendrait aucune liste aux élections européennes, se disant "disponible (pour agir) mais pas dans le champ politique traditionnel".

Quant à une éventuelle candidature au scrutin présidentiel de 2022, c'est "un fantasme de journaliste", a-t-il dit, au cours de l'Emission politique sur France 2, où il faisait son retour trois mois après sa démission du gouvernement.