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Marathon de 134 entretiens pour le secrétaire général de l'ONU

Zürich, 23.09.2017

 

Kiribati, Fiji, Togo et même Corée du Nord: samedi, le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a enchaîné comme chaque jour depuis le début mardi de sa première assemblée générale les rencontres bilatérales. A un rythme effréné et avec un maître-mot: "Excellence".

A ce niveau-là, les secrétaires généraux "ne contrôlent plus leur emploi du temps. Ils sont placés sur un tapis roulant", résume sous couvert d'anonymat un fonctionnaire de l'ONU, habitué de ces rendez-vous annuels qui transforment en fourmilière l'auguste bâtiment bordant l'East River à Manhattan.

António Guterres, vieux routier de l'ONU âgé de 68 ans, "tient le coup", confie un proche. En plus des bilatérales, il doit participer à de multiples réunions ou événements à thème organisés en marge de l'assemblée générale.

Une vingtaine par jour

"Depuis 72 ans, le système est rodé et cette année il n'y a pas eu d'incident", ajoute le fonctionnaire de l'ONU, en allusion aux erreurs d'emplois du temps qui ont pu se produire dans le passé, faisant arriver des dirigeants non attendus à un entretien avec le patron de l'ONU.

Mardi prochain, le Portugais António Guterres, entré en fonctions en janvier, aura accumulé en une semaine 134 réunions bilatérales, à raison d'une vingtaine par jour, d'une durée chacune oscillant entre 15 et 30 minutes.

Ces "speed-dating" se déroulent pour la plupart au 27e étage de l'immeuble principal de l'ONU, dans une salle de réunion aménagée, les autres dans son bureau du 38e étage à la vue imprenable. Le "ballet protocolaire", avec drapeaux et sigles, notamment pour les photographies, est bien huilé.

Les interlocuteurs, qui sont souvent à l'origine des demandes de rendez-vous, vont des rois aux secrétaires généraux d'organisations régionales, en passant par toute la gamme des présidents, premiers ministres et autres chefs de la diplomatie.

A ce rythme qui peut être sportif, pas de risque d'appeler un ministre président ou un président monsieur le ministre ? Non, répond le fonctionnaire de l'ONU. "Avec 'Excellence', on ne se trompe jamais".