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Macron promet des propositions sur une dizaine de sujets

Zürich, 29.08.2017

 

La France proposera dans quelques semaines à ses partenaires de travailler sur une dizaine de sujets pour réformer l'Union européenne et la zone euro, a déclaré mardi Emmanuel Macron. Ces propositions seront faites après les législatives allemandes du 24 septembre.

Le but est de rédiger d'ici la fin de l'année une feuille de route négociée en particulier entre Paris et Berlin et associant les pays qui le souhaitent. "Nous devons penser une Europe à plusieurs formats. Aller plus loin avec tous ceux qui souhaitent avancer", a-t-il déclaré devant les ambassadeurs de France réunis à l'Elysée.

Ces propositions viseront à renforcer l’Union économique et monétaire, renforcer la convergence sociale et fiscale, agir pour la jeunesse, approfondir l’Europe de la Défense, renforcer la politique migratoire et créer "une véritable Europe du climat et de l’énergie", a précisé le président français.

"Convergence" sociale et fiscale

En visite au Luxembourg, il a ensuite précisé qu'il proposerait en matières sociale et fiscale "un vrai mécanisme de convergence" et que certaines propositions porteraient sur le numérique, l'enseignement supérieur et la recherche.

Il s'agit de "construire ce qui sera l'ensemble des critères qui permettront une plus grande intégration d'un coeur d'Europe", a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec les Premiers ministres luxembourgeois Xavier Bettel et belge Charles Michel.

Interrogé sur l'harmonisation fiscale, une question sensible dans son pays, M. Bettel s'est dit prêt à travailler à une harmonisation des assiettes, mais il a jugé difficile d'harmoniser en même temps les taux.

Le Premier ministre luxembourgeois a parallèlement jugé "saugrenue" l'idée de créer une taxe européenne sur les transactions financières. "Ou on le fait au niveau mondial ou on le fait pas", a-t-il dit.

Emmanuel Macron s'est prononcé pour qu’"on puisse continuer à oeuvrer dans le cadre de la coopération renforcée" lancée entre quelques pays européens et a jugé que la taxe française sur les transactions était un bon modèle.

Soutien de Merkel

Lors d'une conférence de presse à Berlin, Angela Merkel s'est, elle, positionnée mardi en faveur d'un renforcement de l'intégration de la zone euro. Elle a ainsi apporté son soutien à l'idée d'un Fonds monétaire européen sur la base du Mécanisme européen de stabilité (MES) et s'est dite prête à envisager la création, souhaitée par M. Macron, d'un poste de ministre des Finances à l'échelle du bloc.

Le président français a promis la semaine dernière aux Tchèques, aux Slovaques, aux Roumains et aux Bulgares que tous les Etats membres qui veulent participer aux travaux sur l'avenir de l'Europe pourraient le faire. Il a ajouté mardi que des "conventions démocratiques" seraient lancées dans les prochains mois en France et les pays volontaires pour associer les citoyens à ces réformes.

Varsovie pointée du doigt

Le président français a de nouveau critiqué devant les ambassadeurs les dirigeants polonais, qu'il avait accusés la semaine dernière de trahir les idéaux européens.

"Il est de mon devoir de parler sans ambages pour soutenir la Commission européenne quand elle estime que les autorités d'un Etat membre mettent en oeuvre une politique contraire aux principes fondamentaux de l'Union", a-t-il dit, en s'étonnant que certains en France aient soutenu la position polonaise.

Angela Merkel s'est, elle, prononcée sur le sujet, en apportant son soutien à la Commission européenne dans son différend avec Varsovie sur la réforme en cours du système judiciaire polonais.

A Varsovie, la Première ministre polonaise Beata Szydlo a qualifié d'"injustes" les propos de certains dirigeants européens qu'elle n'a toutefois pas nommés et assuré que "la Pologne est un Etat de droit et démocratique".

"La Pologne est un pays solidaire et pro-européen. Les valeurs qui sont des fondements de l'Union européenne sont très importantes pour nous", a-t-elle martelé dans une courte vidéo postée sur les réseaux sociaux.