Gazenergie

L'UE s'attaque aux "doubles standards" des grandes marques

Zürich, 26.09.2017

 

La Commission européenne a publié mardi des recommandations aux pays membres pour les aider à lutter contre les "doubles standards" dans la "qualité" des produits alimentaires des grandes marques. Ces pratiques sont dénoncées par les pays d'Europe de l'Est.

La Commission travaille également à développer une nouvelle méthodologie destinée à "améliorer les tests comparatifs réalisés sur les denrées alimentaires" afin de déceler d'éventuelles différences de "qualité", à laquelle elle va dédier un budget d'un million d'euros (1,3 million de francs).

Des pays d'Europe centrale et orientale, Hongrie et Slovaquie en tête, dénoncent, depuis plusieurs mois, à Bruxelles la différence de qualité de certains produits de marque, pourtant commercialisés sous le même emballage, selon les pays: Nutella "moins crémeux", Coca-Cola "moins riche" ou chocolat en poudre Nesquick de Nestlé moins "intense". Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, était intervenu en personne dans le débat au cours de l'été.

Citoyens de seconde catégorie

"Je n'aime pas l'idée qu'il y ait des citoyens de seconde catégorie en Europe", avait déclaré M. Juncker fin juillet, après une rencontre avec le Premier ministre slovaque Robert Fico. Une opinion réitérée lors de son discours sur l'état de l'Union le 13 septembre.

La Commission promet également de financer "les travaux visant à recueillir des éléments de preuve et à contrôler l'application de la réglementation" des pays membres soucieux de prendre des mesures pour faire respecter la législation européenne, à hauteur d'un million d'euros.

Dans son guide, l'exécutif européen rappelle que les autorités nationales de surveillance des marchés peuvent se référer à deux pans de la réglementation.

D'une part, celle "concernant l'information des consommateurs sur les denrées alimentaires, qui oblige à fournir aux consommateurs des informations suffisantes et fiables", par exemple l'indication de tous les ingrédients sur l'étiquette d'un produit. D'autre part, la directive sur les pratiques commerciales déloyales.

Pas d'appel au boycott

"Nous voulons que (les producteurs) améliorent la qualité de leurs produits (...). La deuxième meilleure solution serait de changer les emballages, mais ce n'est pas ce que je veux", a expliqué mardi la commissaire européenne chargée de la protection des consommateurs, Vera Jourova, lors d'une conférence de presse.

La Tchèque a assuré qu'en cas de preuve avérée de tricherie volontaire, elle "n'hésitera pas à conseiller aux consommateurs de ne pas acheter un produit" particulier, tout en refusant de parler d'appel au boycott.

Elle a ajouté que le dialogue avec les fabricants et les distributeurs commençait déjà à porter ses fruits, citant l'exemple d'un producteur de gaufres industrielles allemand qui a remplacé l'huile par du beurre et d'un fabricant de produits pour bébés qui a décidé de modifier ses recettes.