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Les provocations de Pyongyang et de Washington dénoncées

Zürich, 06.09.2017

 

Le président sud-coréen Moon Jae-in a dénoncé les provocations de Pyongyang lors d'une rencontre à Vladivostok avec son homologue russe. Le président iranien a pour sa part estimé que les menaces des Etats-Unis avaient poussé la Corée du Nord à tester des armes nucléaires et constituaient "un jeu dangereux pour le monde entier".

Moon Jae-in a déclaré mercredi que la situation dans la péninsule coréenne risquait de devenir imprévisible si la Corée du Nord ne renonçait pas à ses "provocations". Les propos tenus par le président Moon ont été rendus publics par la partie russe.

Face au sixième essai nucléaire de la Corée du Nord, le président sud-coréen a estimé mardi qu'il serait bon que les Nations unies envisagent de nouvelles sanctions contre le régime de Pyongyang. L'Otan a également demandé une application "plus rigoureuse" des sanctions internationales.

Un projet américain de résolution sur la Corée du Nord circule actuellement au Conseil de sécurité de l'ONU et pourrait être mis aux voix lundi prochain. Vladimir Poutine s'est, lui, écarté de cette ligne.

Il a jugé mardi que des sanctions accrues contre Pyongyang ne mèneraient à rien et étaient "une voie sans issue". Rappelant que le programme nucléaire et balistique de Pyongyang était conduit en violation flagrante des résolutions de l'ONU, il a tenu des propos similaires mercredi.

Menaces contre la Corée du Nord

"Pourquoi la Corée du Nord a-t-elle choisi aujourd'hui cette voie qui inquiète les gens dans l'est de l'Asie? Parce qu'il y a eu des menaces contre l'existence de la Corée du Nord", a quant à lui déclaré le président iranien dans un discours devant le conseil des ministres retransmis par la télévision d'Etat.

"Quelqu'un peut-il plaisanter quand il s'agit d'armes nucléaires? Quand un pays s'est doté d'une arme nucléaire, le jeu qui consiste à les menacer devient un jeu dangereux pour le monde entier", a-t-il ajouté. "Nous pensons que cette question doit être résolue par des négociations et le dialogue", a insisté M. Rohani.

Le président américain Donald Trump a menacé le régime nord-coréen de Kim Jong-Un d'une "réponse militaire massive". Pour le président iranien, les Etats-Unis devraient employer un ton moins belliqueux.

Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi qu'une action militaire contre la Corée du Nord n'était pas le "premier choix" de son administration. Après une conversation téléphonique avec son homologue chinois, Xi Jinping, consacré à la crise sur la péninsule coréenne, M. Trump n'a toutefois pas totalement écarté l'idée de frappes militaires. Le président chinois a affirmé que la Chine restait engagée en faveur d'une dénucléarisation de la Corée du Nord.

Changements à la surface

Le dernier essai nucléaire a provoqué des glissements de terrain dans la zone de la déflagration et au-delà, en témoignent des images de satellite publiées mercredi. Elles ne montrent cependant pas de cratère consécutif à un effondrement.

Le site 38 North de l'université Johns Hopkins à Washington a publié des images de satellite datant de lundi, qui montrent des changements à la surface de Punggye-ri, le principal site des essais nucléaires nord-coréen. Le terrain a été soulevé dans les airs; des petits glissements de terrain ont charrié des matériaux dans le lit de ruisseaux.

"Ces perturbations sont plus nombreuses et plus étendues que lors des cinq essais menés auparavant par la Corée du Nord", écrivent les spécialistes de 38 North. "Il ne semble pas y avoir de signe d'un cratère d'affaissement comme suggéré par la réplique postérieure à l'essai".

Le test le plus puissant

Séoul a estimé l'énergie dégagée à 50 kilotonnes. D'après les chercheurs américains, la puissance du test était de 100 kilotonnes ou plus. Le Japon l'a estimée mercredi matin à environ 160 kilotonnes, contre 15 kilotonnes pour la bombe larguée, le 6 août 1945, sur la ville japonaise d'Hiroshima par les Américains et qui a fait 140'000 morts.

L'agence sud-coréenne de la sécurité nucléaire a expliqué mercredi qu'elle n'avait décelé aucune trace de matériaux radioactifs dans des échantillons d'air, de terre et d'eau prélevés après le test.