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Les plateformes pétrolières vénézuéliennes totalement paralysées

Zürich, 04.07.2020

 

Les plateformes pétrolières du Venezuela sont complètement paralysées, faute de pouvoir écouler leur brut, selon le décompte de la société Baker Hughes. Les sanctions américaines et l'effondrement du secteur pétrolier sont en cause.

Aucune plateforme pétrolière d'extraction de brut n'était en activité en juin, contre 22 un an avant au même moment, et plus d'une centaine en 1998.

Hautement dépendant du pétrole, le Venezuela "connaît une détérioration importante de ses champs [pétrolifères, ndlr] et maintenant, il n'a plus à qui le vendre, ni où stocker le brut", a expliqué le spécialiste pétrolier et professeur d'université Luis Oliveros.

Carlos Mendoza Potella, conseiller de la banque centrale du Venezuela (BCV) en matière pétrolière, abonde dans le même sens. "Les stocks sont au maximum. Tu ne peux pas faire tourner les puits comme cela [...] Si tu n'as pas de lieux où entreposer ta production, car tu ne peux pas faire partir les bateaux, tu arrives à zéro", a-t-il souligné.

Chute inédite en 80 ans

La production de pétrole du Venezuela, dont l'or noir a longtemps fait la richesse, a chuté en mai à des niveaux inédits depuis près de 80 ans. La dégringolade du secteur alimente l'effroyable crise économique que traverse le pays sud-américain.

En compilant des "sources secondaires", l'OPEP indique dans son rapport mensuel, publié mercredi, que le Venezuela a pompé chaque jour en mai 54'000 barils de moins qu'en avril, tombant à un total de 570'000 barils par jour (b/j).

Cette chute, pour spectaculaire qu'elle soit, s'inscrit dans le lent processus de décrépitude du secteur pétrolier vénézuélien qui produisait 3,2 millions de barils/jour il y a douze ans encore.

Si l'opposition autour de Juan Guaido met en avant un cocktail de corruption, de gabegie et d'incompétence pour expliquer cette chute, le pouvoir chaviste pointe du doigt l'éventail des sanctions prises par Washington contre le secteur pétrolier visant à mettre le président vénézuélien Nicolás Maduro sous pression.

En mars, confronté à un manque de liquidités indispensables pour se fournir en essence à l'étranger, le Venezuela est tombé en panne sèche. Le pays a connu une pénurie de carburant que seule l'arrivée de cinq pétroliers iraniens chargés de 1,5 million de barils de combustibles a réussi à pallier.