Gazenergie

Les importateurs ratent de nouveau l'objectif de réduction de CO2

Zürich, 02.07.2020

 

Les émissions de CO2 des voitures neuves ont légèrement augmenté en 2019. Les importateurs ratent ainsi l'objectif de réduction pour la quatrième année consécutive. Un manquement qui leur coûte toujours plus cher. Ils ont dû débourser environ 78 millions de francs.

Quelque 314'000 voitures de tourisme ont été nouvellement immatriculées en 2019. Leur consommation moyenne a augmenté de 1,6% par rapport à l'année précédente pour s'établir à 6,18 litres d'équivalent essence aux 100km, indique jeudi l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) dans un communiqué.

Et la moyenne de leurs émissions de CO2 s'élevait à environ 138,1g de CO2/km, soit une hausse de 0,2%. Les importateurs ratent ainsi la valeur cible de 130g de CO2/km qui aurait dû être atteinte au plus tard en 2015. Ce faisant, ils se coiffent d'un bonnet d'âne pour la quatrième année consécutive.

L'augmentation de ces deux valeurs est notamment due à la part croissante de 4x4 (plus de la moitié des voitures), au poids à vide légèrement plus élevé ainsi qu'au recul de la part des véhicules diesel, selon l'OFEN. Celle-ci est descendu à 26,7% contre 30,3% l'année précédente, alors que la part des véhicules au moins en partie électriques est montée à 5,6% (3,2% en 2018).

Mesures différentes

Les mesures ont par ailleurs été établies différemment, a encore précisé l'OFEN. Avec la nouvelle méthode, l'écart par rapport à la consommation réelle a été réduit. Il avait parfois dépassé les 40% ces dernières années.

Une justification aussi avancée par Auto Suisse. Le passage à la nouvelle méthode s'était déjà fait sentir en 2018, a souligné son porte-parole Christoph Wolnik. Environ 25% des voitures étaient alors concernées. En 2019, ça a été plus de 90% des véhicules.

Selon lui, ce changement occulte la réduction effective des émissions de CO2 des voitures neuves. Et de souligner que les propulsions alternatives, à savoir hybride, électrique, à gaz ou à pile combustible, augmentent sensiblement. De 7,2% de part de marché en 2018, elles sont passées à 13,1% en 2019 et 21,6% au premier semestre 2020.

La crise du coronavirus pourrait toutefois entraver la réduction visée de la moyenne de CO2. "De nombreux modèles hautement efficaces seront mis sur le marché avec du retard", explique Christoph Wolnik. "S’y ajoute un subventionnement massif des entraînements alternatifs dans certains pays européens, tels que la France ou l’Allemagne. Cela anime les constructeurs à livrer prioritairement les véhicules correspondants dans ces pays."

Cinquante millions de plus

Faute d'avoir atteint les objectifs en 2019, les importateurs ont dû mettre la main au porte-monnaie. Les sanctions se sont montées à 78,1 millions de francs, dont 98,5% concernent les 79 grands importateurs.

C'est près de 50 millions supplémentaires par rapport à l'année précédente. En cause: un changement de règle. Jusqu'en 2018, les trois premiers grammes dépassant la valeur cible étaient soumis à des sanctions réduites.

Les recettes nettes sont réparties entre la Suisse et le Liechtenstein en fonction du nombre d'immatriculations et d'importateurs. La part de la Suisse, soit 76,2 millions de francs, est versée au Fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA).

Baisse chez les tracteurs

Une embellie est toutefois à noter pour les voitures de livraison et tracteurs à sellette légers. Les émissions de CO2 de ces véhicules a légèrement baissé de 183,3g de CO2/km en 2018 à 181,5g de CO2/km l'année suivante. Leur consommation moyenne s'élevait elle à 7,95 litres d'équivalent essence aux 100km.

Une baisse bienvenue. La valeur cible pour cette catégorie s'élèvera à 147g de CO2/km à partir de 2020.