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Les élections législatives se joueront entre M. Abe et Mme Koike

Zürich, 28.09.2017

 

La chambre basse du Parlement japonais a officiellement été dissoute jeudi. Avec cette décision, le Premier ministre de droite Shinzo Abe déclenche des élections anticipées. Son parti va devoir y affronter celui de la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike.

"En vertu de l'article sept de la Constitution, la Chambre basse est dissoute", a déclaré M. Abe en session plénière. "Banzai, banzai, banzai" (longue vie à l'empereur), ont hurlé les députés en levant les bras au ciel. Ils ont ensuite déserté l'hémicycle où devait s'ouvrir ce même jour une session parlementaire extraordinaire.

Le scrutin aura lieu le 22 octobre, la campagne débutant officiellement le 10. "Un difficile combat commence aujourd'hui", a déclamé M. Abe devant ses troupes. "Nous devons résoudre le problème des missiles et du programme nucléaire nord-coréen et avons la responsabilité d'embellir la vie des citoyens".

Prendre de vitesse Yuriko Koike

Le Premier ministre a accéléré le calendrier électoral dans le but de couper l'herbe sous le pied de Mme Koike. Rompue aux tactiques du monde politique, cette dernière avait déjà fourbi ses armes. Elle a annoncé lundi la création du Parti de l'Espoir et en a pris la direction.

Elle est en passe de faire voler en éclats le Parti Démocrate, formation de centre gauche qui, bien que très affaiblie, était jusqu'à présent la figure de proue de l'opposition. Le président de ce parti, Seiji Maehara, a expliqué dans l'après-midi que la formation n'investirait pas de candidats en son nom. Il les laisse de ce fait libres de concourir sous les couleurs du Parti de l'Espoir.

La gouverneure de Tokyo avait déjà réussi à infliger une sévère défaite au Parti libéral-démocrate (PLD) de M. Abe au moment du récent renouvellement de l'assemblée de Tokyo.

Dissolution critiquée

"Dissolution égoïste", "dissolution de camouflage de scandales", divers surnoms sont donnés par l'opposition à cette décision prise soudainement par M. Abe. L'intéressé la justifie par la nécessité de faire approuver ses orientations économiques, notamment sur l'emploi de l'argent issu d'une hausse programmée de TVA ou encore sur la fermeté à l'égard de la Corée du Nord menaçante.

Shinzo Abe avait déjà agi de la sorte en décembre 2014 pour obtenir le plébiscite sur sa politique de relance, "abenomics". "Le principal risque aujourd'hui est celui d'un fort mouvement en faveur du nouveau Parti de l'Espoir, qui pourrait canaliser les électeurs mécontents", explique BMI Research dans une note.

Yuriko Koike est en tout cas bien décidée à établir une différence nette sur plusieurs points érigés par M. Abe comme thèmes de campagne. Elle voudrait geler la hausse de la taxe sur la consommation que M. Abe a juré de réaliser en octobre 2019, après un "dernier report". Et elle veut en finir avec l'énergie nucléaire, alors que M. Abe est déterminé à relancer les tranches jugées sûres.

Un point les rapproche cependant: la volonté de discuter d'une réforme de la Constitution écrite par les Américains après la guerre. Depuis son entrée en vigueur il y a 70 ans, elle n'a pas été retouchée une seule fois.