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Le "magnétiseur" abusait de ses jeunes clientes à la chaîne

Zürich, 22.06.2020

 

Un pseudo guérisseur et véritable escroc fait face à ses juges et à douze de ses nombreuses victimes lundi à Lausanne. Cet ancien gendarme français de 66 ans, qui sévissait dans le Nord vaudois, est accusé d'avoir abusé sexuellement de beaucoup d’entre elles sous couvert de les soigner.

Le Tribunal criminel de l’arrondissement du Nord vaudois se penche lundi à Lausanne sur une affaire sordide et hors-norme. Face aux juges : un "magnétiseur-medium" français et douze des dix-huit victimes ayant porté plainte contre lui, toutes des jeunes femmes.

Cet ancien gendarme, actuellement incarcéré à la prison de la Croisée d’Orbe, est jugé principalement pour viol, acte d’ordre sexuel avec des personnes dépendantes ou incapable de discernement, escroquerie, extorsion, usure, abus de détresse et pornographie.

Procès délocalisé et très médiatisé

Le procès a été exceptionnellement délocalisé au Tribunal cantonal de l’Hermitage à cause des mesures de sécurité liées à la pandémie de Covid-19. La presse s’est déplacée en nombre pour couvrir l’audience. L’acte d’accusation dissèque une trentaine d’infractions, lesquelles se sont étalées sur une dizaine d’années.

L’homme a extorqué des sommes de plusieurs milliers de francs à ses victimes pour procéder sur elles à des actes de désenvoûtement ou de guérison "grâce aux énergies" qui passaient bien souvent par des actes d’ordre sexuel censément thérapeutiques. Et ce en plus des séances pour lesquelles ses victimes étaient venues vers lui et qui, elles, étaient facturées 100 francs par heure.

Victimes en détresse

Ces jeunes femmes, pour certaines des adolescentes à l’époque des faits, étaient en détresse ou perdues. Elles venaient souvent vers le "magnétiseur" pour des problèmes de santé ou de relations amoureuses. L’escroc présumé leur faisait signer une sorte de contrat de confidentialité précisant grosso modo que briser ce secret aurait eu pour conséquence une interruption sans remboursement du "traitement" dont l’efficacité se serait alors trouvée soudainement annulée.

Appelée à la barre, l’inspectrice qui a mené l’enquête, estime que le prévenu a fait au moins entre 80 et 90 victimes. Les jeunes femmes nourrissaient pour beaucoup une forme de crainte vis-à-vis de celui que l’une d’elles surnommait "le gourou".

L’acte d’accusation précise que le triste sire aurait pu sévir encore des années si l’une de ses jeunes victimes n’avait finalement trouvé le courage de briser le silence et surmonter sa peur des représailles.

Expertise psychiatrique accablante

Une expertise psychiatrique a révélé que ce petit homme, grassouillet et barbu, au redoutable bagout et prétendant maîtriser les magies blanches et noires, souffrait de graves troubles de la personnalité mixtes, narcissiques et borderline.

Cela n’entame en rien sa responsabilité, laquelle est considérée comme pleine et entière. L’expert estime aussi que les risques de récidive sont élevés.