Gazenergie

Le Conseil des Etats rejette l'idée d'un moratoire de 25 ans

Zürich, 03.12.2018

 

Pas question de renoncer pour l'instant au gaz de schiste. Par 20 voix contre 12, le Conseil des Etats n'a pas donné suite à une initiative genevoise qui propose un moratoire de 25 ans sur l'exploration, l'exploitation et l'importation de cette source d’énergie en Suisse. Le National doit encore donner son avis.

Une telle mesure irait trop loin, selon la majorité. Il serait tout à fait possible de prendre les mesures nécessaires pour limiter les effets nocifs de la prospection et de l'exploitation sur l’environnement et sur la santé. Il ne faut pas interdire cette technologie.

En outre, une interdiction d'importation serait très difficile à mettre en oeuvre, a indiqué Roland Eberle (UDC/TG). Car la Suisse ne connaît pas d'indication de provenance du gaz comme celle que l'on connaît pour l'électricité. Ainsi, il serait impossible d'interdire l'importation du gaz de schiste.

Enfin, ce sont les cantons qui ont la haute main sur le sous-sol. Certains comme comme Genève ou Berne ont déjà interdit la fracturation hydraulique ou instauré un moratoire, alors que d’autres ont sciemment renoncé à une interdiction.

Une minorité de gauche a soutenu en vain le bien-fondé de cette initiative. La Suisse n'est pas un terrain très propice pour une exploitation économiquement rentable du gaz de schiste, tout le monde en convient, a déclaré Robert Cramer (Verts(GE).

En outre, le texte ne parle à aucun moment de la fracturation hydraulique, dont l'interdiction pourrait freiner la géothermie. Le texte va simplement dans le sens des objectifs écologiques de la Suisse.