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Large mobilisation contre la corruption et le pouvoir à Haïti

Zürich, 18.10.2018

 

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans les principales villes d'Haïti mercredi pour dénoncer la corruption. Elles ont également exigé la démission immédiate du président Jovenel Moïse, bousculé lors d'une cérémonie officielle plus tôt dans la matinée, à Port-au-Prince.

Comme le veut la tradition, le président a été, mercredi matin, déposer une gerbe de fleurs sur le lieu où a été assassiné, le 17 octobre 1806, Jean-Jacques Dessalines, l'un des pères fondateurs de la nation haïtienne. Face à la tension qui régnait sur les lieux, la police a fait un large usage des armes pour exfiltrer le cortège présidentiel, forçant toutes les personnes présentes à se jeter à terre.

Depuis plusieurs semaines, la colère populaire enfle à Haïti. Les manifestations se sont multipliées à travers les principales villes pour dénoncer l'inaction des autorités face à la corruption.

Programme Petrocaribe

Mercredi, les protestataires ont répondu à l'appel lancé en septembre pour une large marche citoyenne, pour réclamer la lumière sur la gestion opaque des fonds Petrocaribe. Sans réelle coordination, les groupes de manifestants ont défilé à travers les rues de la capitale haïtienne, dressant des barricades sur leur passage.

Depuis 12 ans, Haïti bénéficie du programme Petrocaribe, lancé par l'ancien président vénézuélien Hugo Chávez. Le plan permet à plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes d'acquérir des produits pétroliers à un coût avantageux et de payer leurs factures sur 25 ans à un taux d'intérêt de 1%.

En 2016 puis en 2017, deux enquêtes du Sénat haïtien sur le mauvais usage de près de 2 milliards de dollars du fonds avaient épinglé une douzaine d'anciens ministres, tous du parti actuellement au pouvoir. Les rapports n'ont cependant jamais été suivis de poursuites judiciaires.