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La guérilla de l'ELN libère deux otages civils

Zürich, 12.06.2020

 

L'ELN, considérée comme la dernière guérilla de Colombie, a libéré vendredi deux civils, ont annoncé le Défenseur du peuple et le CICR. Ceux-ci avaient été enlevés il y a plus d'un mois près de la frontière avec le Venezuela.

Ces techniciens du secteur pétrolier ont été relâchés dans une zone rurale du département d'Arauca (est), a indiqué sur Twitter le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits.

Pedro Leon Pérez et Oscar Javier Rodriguez, qui étaient retenus par des guérilleros de l'Armée de libération nationale (ELN) depuis le 3 mai, ont été remis à une commission humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

"Les deux personnes sont en bon état de santé et seront transférées à leurs domiciles pour y retrouver leurs familles", a précisé l'organisation dans un communiqué.

Proposition de pourparlers

Considérée comme le dernier groupe rebelle du pays après la signature de la paix par la puissante guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) en 2016, l'ELN a proposé au président de droite Ivan Duque de reprendre les pourparlers entamés en 2017 avec le précédent gouvernement du président et prix Nobel de la Paix, Juan Manuel Santos.

L'actuel chef de l'Etat a rompu ces négociations après un attentat à la voiture piégée en janvier 2019 contre l'école de police à Bogota, où 22 cadets avaient été tués, outre l'auteur de l'attaque.

M. Duque a déclaré que les pourparlers ne reprendraient que si l'ELN mettait fin à "toutes les activités criminelles", condition que la guérilla a rejeté en la considérant comme unilatérale. Selon le gouvernement, elle détient au moins une douzaine d'otages.

Entrée en rébellion armée en 1964, l'ELN, inspirée des idées du révolutionnaire Che Guevara, compte environ 2200 combattants et un vaste réseau de soutien en zones urbaines. Selon des enquêtes indépendantes, elle opère dans 10% des 1100 municipalités colombiennes.

Les autorités estiment que près de la moitié des guérilleros se trouvent en territoire vénézuélien, mais Caracas nie leur prêter refuge.

Huit millions de victimes

Bien que l'intensité du conflit ait diminué depuis la paix avec les Farc, aujourd'hui transformées en parti politique, le pays peine à sortir d'une guerre interne de plus d'un demi siècle, qui a vu s'affronter guérillas, paramilitaires, narcotrafiquants et forces armées, faisant plus de huit millions de victimes (morts, disparus et déplacés).