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La croissance de l'économie ralentit - effet exceptionnel en cause

Zürich, 21.09.2017

 

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) révise à son tour sa prévision de croissance pour 2017 à la baisse. En raison d'une progression faible du produit intérieur brut (PIB) au 1er semestre et d'effets exceptionnels, il ne s'attend qu'à une hausse de 0,9% pour cette année en Suisse.

En juin, le SECO escomptait encore une croissance du PIB suisse de 1,4% pour 2017 et de 1,6% dans sa prévision de mars. La progression du PIB est restée en dessous des attentes, indique jeudi le Groupe d'experts de la Confédération.

L’industrie manufacturière ainsi que l’hôtellerie et la restauration ont poursuivi leur reprise après des années difficiles. Cette progression a toutefois été contrecarrée par le faible développement des autres secteurs de services.

Le ralentissement de la croissance au tournant de l’année 2016/2017 a en outre été accentué par un effet spécial dans la branche "Activités récréatives et autres services", qui a influencé à la baisse les chiffres révisés du PIB à la fin de 2016 et au début de 2017.

Effet du Mondial de football

En effet, les comptes nationaux de la Suisse ont été soumis à une révision complète à l'été 2017. L'actualisation et l'amélioration des méthodes de trimestrialisation dans certains secteurs ont entraîné de légers ajustements. Les manifestations sportives sont dorénavant mieux prises en considération. Cela a influencé les chiffres de 2016, année de Coupe du monde de football.

Sans cet effet de base exceptionnel, les prévisions du SECO tourneraient toujours autour de 1,3% ou de 1,4%, au lieu des 0,9% prévus, a expliqué à l'ats Eric Scheidegger, chef de la Direction de la politique économique du SECO. "Une reprise conjoncturelle modérée se poursuit", estiment donc les experts.

"Au cours des prochains trimestres, la conjoncture mondiale vigoureuse soutiendra les exportations et la conjoncture intérieure devrait aussi gagner en dynamisme", note le SECO. Les principaux pays industrialisés - en particulier les États-Unis, la zone euro, dont l’Allemagne et la plupart des pays émergents (notamment la Chine) - ont connu une croissance robuste jusqu’à récemment.

Hausse de 3% des exportations

Ainsi, durant la période prévisionnelle, l’économie mondiale devrait se développer de façon un peu plus dynamique que supposée lors des dernières prévisions. Pour 2018, le SECO compte sur une progression notable (+2%), contre +1,9% prévu précédemment.

Les branches exportatrices profitent de la bonne santé de l’économie mondiale, et en bénéficieront d’autant plus si l’appréciation de l'euro face au franc observée cet été perdure. Les experts tablent sur une croissance des exportations de 3% en 2017 et de 4,2% en 2018.

Outre la chimie et la pharmacie, l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux ainsi que l’industrie horlogère et le tourisme devraient davantage y contribuer. Par conséquent, la balance commerciale devrait avoir un effet positif sur la croissance du PIB cette année et en 2018.

Des impulsions positives sont également attendues du côté de la demande intérieure. La consommation privée devrait croître à un rythme modéré (+1,3%): la croissance démographique durable et la reprise sur le marché du travail contrebalancent l’effet de frein de la faible évolution des salaires réels.

L'embellie conjoncturelle s'accompagnera d'une hausse sensible de l'emploi en équivalents plein-temps (+0,3% en 2017 et +0,8% en 2018). Le taux de chômage continuera de diminuer. Il se montera à 3,2% en 2017 et 3% en 2018, selon les prévisions des experts du SECO.

Les prix du pétrole contribuent à la normalisation du renchérissement en 2017, qui devrait s’élever à 0,5 % en moyenne annuelle. En raison du récent abaissement du taux de référence hypothécaire et, partant, de la baisse attendue des loyers, l'inflation devrait s’affaiblir pour s’établir à 0,2 % en 2018.

Risques plus équilibrés

De manière générale, les risques qui pèsent sur la croissance sont désormais plus équilibrés qu'au cours des trimestres précédents, relève le SECO. Toutefois, "des incertitudes politiques considérables restent au niveau international", notamment les modalités de mise en oeuvre du Brexit et l'évolution de la crise avec la Corée du Nord.

D'autres institutions ont également revu récemment leurs prévisions à la baisse. La Banque nationale suisse (BNS) a annoncé jeudi dernier ne s'attendre plus qu'à une progression de 1% du PIB, contre 1,5% précédemment. Les économistes sondés par le Centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ), tout comme ceux du Credit Suisse tablent désormais sur une hausse de 1,3%, contre 1,5% en juin, ont-ils indiqué mardi.