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Jean-Claude Juncker ne veut pas d'un budget pour la zone euro

Zürich, 13.09.2017

 

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, a rejeté mercredi les propositions françaises visant à doter la zone euro d'un budget et d'un parlement propres. Il est en revanche favorable à la création d'un ministre des Finances de la zone euro.

"L’efficacité requiert que les instruments de gestion de la zone euro soient intégrés. Nous n’avons pas besoin de structure parallèle. Nous n’avons pas besoin d’un budget à part de la zone euro. Il nous faut une ligne budgétaire forte de l’Eurozone dans le cadre de notre budget de l’Union", a-t-il dit dans son discours sur l'état de l'Union européenne à Strasbourg.

"Je demande pour des raisons d’efficacité que le commissaire de l’Economie et des finances soit aussi le vice-président de l’Eurogroupe", a-t-il ajouté devant le Parlement européen.

Le président français Emmanuel Macron a répété jeudi dernier à Athènes qu'il souhaitait la création d'"un vrai budget de la zone euro", avec un ministre des Finances permanent et un contrôle démocratique.

Il devra, pour y parvenir, convaincre les dirigeants allemands, dont les propositions vont jusqu'à présent bien moins loin et avec lesquels il prévoit d'écrire une feuille de route de réformes européennes d'ici la fin de l'année.

Pas de travailleurs de seconde classe

Jean-Claude Juncker a par ailleurs proposé la création d'une "autorité commune" contrôlant la mise en oeuvre "partout" dans l'UE des dispositions encadrant le recours aux travailleurs détachés, aujourd'hui accusées de favoriser le dumping social.

"Dans une Union entre égaux, il ne peut y avoir (...) de travailleurs de deuxième classe. Ceux qui effectuent le même travail au même endroit doivent pouvoir obtenir le même salaire", a-t-il lancé, en défendant les propositions de réformes faites par l'exécutif européen sur les travailleurs détachés.

Le Luxembourgeois a en outre annoncé un "cadre" européen sur le contrôle des investissements étrangers dans l'Union européenne afin de protéger les secteurs stratégiques, qui répond notamment aux inquiétudes sur les acquisitions chinoises.

"Si une entreprise publique étrangère veut acquérir un port européen stratégique, une partie de notre infrastructure énergétique (...) ou une de nos sociétés dans le domaine des technologies de défense, cela ne peut se faire que dans la transparence a travers un examen approfondi et un débat", a-t-il plaidé.