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Guam veut voir le bon côté des menaces nord-coréennes

Zürich, 11.08.2017

 

Le territoire américain de Guam, dans le Pacifique, veut profiter de sa soudaine notoriété en tant que cible potentielle d'attaques nord-coréennes. L'économie de cette île dépend du tourisme et ses autorités entendent prouver que toute publicité est bonne à prendre.

Depuis que Pyongyang a menacé cette semaine de tirer quatre missiles à proximité de l'île paradisiaque, celle-ci suscite la curiosité dans le monde entier. Le nom de Guam est apparaît plus souvent sur les moteurs de recherche et les utilisateurs de réseaux sociaux demandent: "c'est quoi Guam?"

Cet avant-poste stratégique de l'armée américaine dans l'océan Pacifique abrite deux bases militaires et environ 6000 soldats, ce qui lui vaut l'ire de la Corée du Nord. Mais les autorités touristiques de Guam sont promptes à balayer tout risque de danger pour cette île tranquille aux plages de sable.

"Les circonstances sont malheureuses. Mais c'est une bonne occasion pour nous d'instruire le monde sur Guam et notre culture (...) sur ce que nous sommes", a dit vendredi Josh Tyquiengco, directeur marketing du Bureau des visiteurs de Guam.

"Guam, c'est plus qu'une base militaire. C'est une destination sûre pour les familles. Nous voulons rassurer les visiteurs potentiels que nous sommes toujours un endroit sûr". Le tourisme fournit à l'île un tiers de ses emplois.

Ses plages paradisiaques, complexes hôteliers et magasins hors taxe ont attiré plus de 1,5 million de visiteurs en 2016, la plupart japonais ou coréens. Malgré les menaces nord-coréennes, les touristes continuent de déferler sur le territoire de 162'000 habitants.

"On a entendu dire qu'il y avait eu quelques annulations de la part de Sud-Coréens mais c'est trop marginal pour toucher l'industrie touristique", ajoute M. Tyquiengco. A l'aéroport international, les avions chargés de visiteurs se succèdent.

"Eaux cristallines"

Sun Doojin, arrivée de Séoul avec son mari et sa fille de deux ans, répond avec un "non" déterminé lorsqu'on lui demande si elle a peur d'une attaque nord-coréenne.

Dans un éditorial, le quotidien Guam Daily Post juge que le coup de projecteur donné au territoire lui offre l'occasion d'expliquer à la planète les raisons pour lesquelles c'est une destination privilégiée. "Les eaux sont cristallines, les plages ne sont pas bondées et les chemins de randonnée à travers la nature sont très accessibles".

"Les différentes cultures qui sont illustrées par la gastronomie de l'île font que Guam est un joyau caché, un lieu d'évasion pour des vacances tropicales", ajoute le texte.

Séismes et typhons

L'île est également habituée aux séismes et aux typhons si bien que ses infrastructures sont robustes. Les autorités martèlent que le territoire est fin prêt pour toute éventualité, y compris un tir de missile.

Jenna Gaminde, porte-parole de la Sécurité intérieure, a expliqué au Guam Daily News qu'en cas d'attaque, les habitants seraient immédiatement prévenus par des sirènes localisées dans tout le territoire.

La Corée du Nord a affirmé qu'il faudrait moins de 18 minutes à un missile pour parcourir les 3300 kilomètres qui séparent ses bases de tirs de Guam.

Située dans le Pacifique-ouest, Guam abrite des installations stratégiques américaines, dont des bombardiers lourds à longue portée et des sous-marins.

Bouclier antimissile

Guam abrite aussi un bouclier antimissile sophistiqué, le système THAAD, capable de détruire les missiles de courte et moyenne portée ainsi que les engins de portée intermédiaire, dans leur phase finale de vol. Pour l'heure, assurent les autorités, le niveau de menace n'a pas changé.

"Je ne crois pas qu'il faille s'inquiéter. Aucun missile ne va atterrir sur Guam", estime Carl Peterson, membre de la commission des forces armées de la chambre de commerce de Guam. "Nous disposons de mécanismes de défense (...) capables d'intercepter les missiles et les détruire avec l'énergie cinétique".