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Genève veut développer sa gestion différenciée des espaces verts

Zürich, 18.09.2017

 

La Ville de Genève veut poursuivre sa politique d'entretien adapté de ses espaces verts. Elle espère qu'en 2020, la totalité de ces surfaces seront gérées en fonction de leur potentiel écologique, leur usage mais aussi leur valeur culturelle.

"Aujourd'hui, environ 50% des espaces verts urbains sont sous gestion différenciée. L'objectif politique est d'atteindre 100% en 2020", a détaillé lundi devant la presse à Genève Guillaume Barazzone, conseiller administratif en charge de l'environnement urbain et de la sécurité.

La gestion différenciée, qui vise notamment à promouvoir la biodiversité, consiste à utiliser le mode d'entretien le plus adapté à chaque espace vert sachant que trois catégories existent. L'entretien intensif, le fonctionnel ou l'extensif.

Biodiversité variable

Le premier cas de figure est assez rare. Il s'applique aux zones comme l'Horloge fleurie où l'investissement en temps, énergie et argent est gourmand. Arrosage, fertilisation et interventions sont ainsi fréquents alors que le gain en biodiversité est faible. Reste que ces sites sont jugés importants par la Ville car ils font partie de sa culture.

Dans le cadre de l'entretien fonctionnel, les interventions des collaborateurs du Service des espaces verts (SEVE) et l'arrosage se font en fonction des besoins de la végétation, les plantes qui s'y trouvent sont vivaces et le gain en biodiversité est moyen. Exemple: la Promenade des Bastions, soit des lieux très fréquentés.

Dans la dernière catégorie, on trouve par exemple la Promenade des Crêts. L'entretien extensif signifie que la cadre est naturel, qu'il n'y a aucune fertilisation, que les fleurs sont champêtres et le gain en biodiversité est fort.

Pas de hiérarchie

"Il n'y en a pas un qui est mieux que les autres", estime Guillaume Barrazone. "L'idée est d'appliquer la qualité qui est la plus adéquate à chaque lieu".

Cette évolution va de pair avec d'autres mesures. La Ville veut se passer des produits phytosanitaires à l'horizon 2020 et les jardiniers en sont revenus à des outils d'antan faits sur mesure comme la faux. "Qui dégage moins de CO2, fait moins de bruit et demande moins de protection en ville que les débroussailleuses", précise Jean-Gabriel Burnet, responsable de l'entretien au SEVE.

Pas évident

Reste que de la bouche de ce spécialiste, c'est un grand changement de paradigme à mettre en oeuvre au sein d'un service qui compte plus de 210 collaborateurs en équivalent temps plein. "Il a fallu tout désapprendre et réapprendre, sachant que beaucoup de nos horticulteurs ont été formés dans les années 80 où la chimie était reine".