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Easyjet creuse sa perte au 1er semestre à cause du coronavirus

Zürich, 25.06.2020

 

La compagnie aérienne britannique Easyjet a creusé sa perte au premier semestre, accusant l'impact du coronavirus qui a mis un coup de frein brusque au trafic aérien, et en raison de pertes sur des contrats de couverture pétrolière.

La perte nette est ressortie à 324 millions de livres (382,5 millions de francs) fin mars, contre 218 millions un an plus tôt, y compris une charge exceptionnelle de 160 millions de livres due à des pertes sur des contrats de couverture pétrolière, à la suite du soudain effondrement des cours pétroliers en mars.

Le chiffre d'affaires a, quant à lui, progressé de 1,6% à 2,38 milliards de livres pendant la période sous revue, le groupe aérien soulignant avoir bénéficié notamment de la faillite de Thomas Cook qui lui a apporté des anciens clients du voyagiste.

En revanche, la compagnie à bas coûts souligne que les grèves fin 2019 en France ont eu un impact "important au premier trimestre" sur ses comptes, tout comme les tempêtes Ciara et Dennis au deuxième trimestre.

Avant la pandémie, Easyjet avait dit compter sur une réduction de sa perte au premier semestre, qui ne prend en compte qu'une semaine de confinement, celui-ci ayant démarré le 23 mars au Royaume-Uni. L'impact de la pandémie sera donc beaucoup plus marqué pendant la seconde partie de l'exercice décalé.

Le groupe indique que le nombre de ses passagers entre octobre et mars avait déjà reculé de 7,4% à cause de la pandémie, et sa capacité de transport avait elle aussi reculé de 7,66% en raison "d'un nombre très important d'annulations de vols en mars en lien avec le Covid-19".

Le secteur aérien est l'un des plus durement touchés par l'impact de la pandémie, les compagnies ayant dû immobiliser la quasi totalité de leur flotte pendant le confinement. Les nouveaux cas de coronavirus dans le monde, qui font craindre une deuxième vague de contaminations, pourraient encore retarder le retour à la normale du trafic.

Easyjet se dit toutefois "bien positionné pour la reprise après le Covid-19". Elle s'attend à ce que sa capacité progresse "tout au long de la saison estivale", cruciale pour cette compagnie "low cost", et qu'elle atteigne au quatrième trimestre 30% de son niveau d'avant la pandémie.

"Après avoir immobilisé notre flotte en mars, nous avons repris avec succès nos opérations le 15 juin en incluant de nouvelles mesures de sécurité sanitaire pour que nos employés et clients puissent voler en toute sureté" a commenté le directeur général Johan Lundgren, cité dans le communiqué.

"Nous allons graduellement augmenter nos vols jusqu'à 75% de nos trajets en août, mais avec moins de fréquence, pour que nos clients puissent partir en vacances d'été", ajoute-t-il.

Il précise que les réservations pour ses offres de voyages clé en main Easyjet Holidays sont "encourageantes".

Le transporteur a avancé la parution de ses résultats, initialement prévue le 30 juin, à cause d'une émission de nouvelles actions qui vont représenter "jusqu'à 15% de notre capital flottant et qui au prix d'aujourd'hui vaudraient environ 450 millions de livres" d'après une porte-parole.

Dans son communiqué, la compagnie précise que "ses solides liquidités et son bilan (...) ont été encore renforcés par un placement d'actions. Au 22 juin, nos liquidités atteignaient 2,4 milliards de livres avant les revenus provenant de ce placement".

Dès avril, elle avait affirmé avoir réduit ses coûts et dopé ses liquidités suffisamment pour survivre à une période prolongée d'immobilisation.

EasyJet a en particulier décidé de diminuer d'un tiers ses effectifs, avec la suppression de 4.500 postes et a dû faire appel au gouvernement pour un prêt d'urgence de 600 millions de livres.

Après avoir été victime d'une attaque informatique, le groupe est par ailleurs confronté à une plainte en nom collectif, qui doit encore être validée par le tribunal, au nom de milliers de clients dont les données personnelles ont été dérobées.