Gazenergie

Du sarin utilisé cinq jours avant l'attaque de Khan Cheikhoun

Zürich, 04.10.2017

 

L'agent neurotoxique sarin a été utilisé dans une localité au nord-ouest de la Syrie fin mars, cinq jours avant l'attaque meurtrière de Khan Cheikhoun qui a fait plus de 80 morts. L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) l'a annoncé mercredi.

"L'analyse des échantillons collectés (par l'OIAC) se rapporte à un autre événement survenu dans la partie nord de la Syrie le 30 mars de cette année", a déclaré le directeur général de l'OIAC Ahmet Üzümcü dans une interview. "Les résultats prouvent l'existence de sarin", a-t-il ajouté. "Nous ne savons pas grand-chose pour le moment. On rapporte que cinquante personnes ont été blessées. On ne fait pas état de morts."

Le 4 avril, un raid aérien avait frappé Khan Cheikhoun, petite ville contrôlée par des rebelles et des djihadistes dans la province d'Idleb, faisant au moins 83 morts.

Dans la nuit du 6 au 7 avril, 59 missiles de croisière Tomahawk avaient été tirés par deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne syrienne d'Al-Chaayrate (centre).

Utilisation inquiétante

L'attaque de Khan Cheikhoun était jusqu'à présent considérée comme la première utilisation de sarin depuis celle du 21 août 2013 dans des secteurs aux mains des rebelles, en périphérie de Damas. Selon les Etats-Unis, cette attaque a fait au moins 1429 morts.

Or M. Üzümcü a déclaré que du sarin avait été utilisé dans la localité d'Al-Lataminah, à une vingtaine de kilomètres au sud de Khan Cheikhoun, cinq jours plus tôt.

La mission d'enquête de l'OIAC a récupéré des échantillons de sol, des vêtements et des éléments métalliques "qui ont été envoyés à nos laboratoires et nous avons reçu les résultats voici quelques jours".

"Il est inquiétant qu'il y ait eu une utilisation ou exposition au sarin avant même l'incident du 4 avril", a commenté M. Üzümcü.

Déni du régime

En juin, l'OIAC avait confirmé que du gaz sarin avait bien été utilisé lors de l'attaque de Khan Cheikhoun, sans toutefois pointer des responsables.

Début septembre, des enquêteurs de l'ONU ont affirmé pour la première fois, dans le 14ème rapport de la Commission d'enquête de l'ONU sur la situation des droits de l'homme en Syrie, que le gouvernement était responsable. Ce que la Syrie a fermement rejeté, assurant ne pas utiliser d'armes chimiques "contre son peuple".

Une commission conjointe de l'ONU et l'OIAC, qui enquête également sur l'attaque, doit encore en déterminer la partie responsable et son rapport devrait sortir d'ici quelques semaines.

Le régime Assad nie constamment toute implication dans des attaques chimiques, affirmant avoir remis tous ses stocks après un accord conclu en 2013.