Gazenergie

Des manifestants s'en prennent aux symboles de l'Etat guinéen

Zürich, 22.09.2017

 

Des centaines de jeunes, qui protestent depuis dix jours contre l'absence d'électricité à Boké, en Guinée, ont incendié jeudi des bâtiments publics dans la ville voisine de Kolaboui. Plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté dans ce pays, avec moins d'un euro par jour, selon l'ONU.

Tous les "édifices publics, dont les bureaux de la sous-préfecture, la mairie, le poste de gendarmerie et la résidence du sous-préfet, sont partis en fumée", a déclaré un policier.

"Depuis 07h00 du matin, Kolaboui est en ébullition. Les jeunes armés de gourdins et de bâtons, certains de bidons d'essence, pillent, brûlent et même cassent tout sur leur passage", a raconté un chauffeur dont le camion est bloqué sur place depuis deux jours.

Bauxite

A une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Boké, Kolaboui est un lieu de passage obligé pour les liaisons entre Kamsar, sur la côte, où se trouve le centre industriel de la compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), et le plateau du Sangaredi, qui abrite l'une des plus grandes réserves de bauxite du monde.

Dans un communiqué, le gouvernement s'est dit jeudi soir "consterné" par les "atteintes graves à la sécurité des personnes et de leurs biens" et par les "attaques d'une rare violence des symboles et représentants de l'Etat" dans la région de Boké.

Les protestataires ont bloqué un carrefour routier et dressé des obstacles sur les voies de chemin de fer, empêchant la circulation des convois de la CBG et du consortium guinéo-chinois, la société minière de Boké-Winning Africa Port (SMB-WAP), a indiqué la police.