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Des îles ravagées par les ouragans réclament l'aide des pollueurs

Zürich, 22.09.2017

 

Profitant de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, plusieurs îles ont crié cette semaine leur souffrance après avoir été dévastées par de multiples ouragans. Elles réclament de l'aide aux grandes puissances accusées d'être responsables des dérèglements climatiques.

"Le peuple haitien fait des efforts gigantesques pour se relever" après les ouragans Matthew et Irma, a souligné son président Jovenel Moïse devant l'ONU. "La destruction d'une ampleur inédite des pays frères de la Caraïbe, notamment Antigua et Barbuda et la Dominique, par les récents ouragans successifs témoigne des effets néfastes du réchauffement climatique sur notre planète", a-t-il dit.

Gaston Browne, premier ministre des îles d'Antigua-et-Barbuda, s'est aussi lamenté à la tribune d'avoir une île "décimée", Barbuda, sur les deux que compte son micro-Etat. Sa "population entière est sans toit" avec "des bâtiments coquilles vides" après le passage le 6 septembre d'Irma.

"Barbuda n'avait pas la moindre chance face à un ouragan d'une telle taille, d'une telle férocité, d'une telle intensité", a-t-il ajouté, précisant qu'après l'évacuation de ses habitants vers Antigua, c'est la première fois en 300 ans qu'il n'y a plus de résidents permanents sur cette île.

Vendredi, le premier ministre de Sainte-Lucie dans les Caraïbes (190'000 habitants), Allen Michael Chastanet, a ajouté sa voix aux doléances. Il a déclaré avoir "le coeur lourd" face à la désolation laissée par les ouragans Irma et Maria qui "a fait 15 morts jusqu'ici et des millions de dégâts dans l'île soeur de Dominique".

Il a dénoncé "le silence de beaucoup". "Nous sommes bien seuls" mais "il est impossible de faire abstraction des changements climatiques" qui provoquent "des épisodes météorologiques extrêmes", a-t-il dit.

Washington dans le viseur

Les Etats-Unis qui ont décidé de se retirer de l'accord de Paris sur le climat n'ont pas été cités directement. Mais tous les orateurs ont mis en cause les grandes puissances dans le réchauffement de la planète qu'ils lient à la formation d'ouragans de plus en plus puissants. Et de réclamer de l'aide financière pour la reconstruction.

"Quelles que soient les positions des pays sur les changements climatiques, l'évidence d'un réchauffement mondial est encore plus irréfutable", selon Gaston Brown. "Nous sommes les moins pollueurs mais les plus grandes victimes" de la pollution, s'est-il insurgé. Il réclame "urgemment l'aide de la communauté internationale".

"L'architecture financière internationale laisse les petits pays comme le mien à la traîne", a-t-il jugé. "Le coût de la reconstruction (de Barbuda) est estimé à 250 millions de dollars, un montant bien supérieur à ce que peut assurer Antigua-et-Barbuda.

Fonds régional

Le président d'Haïti a réclamé de son côté "une augmentation de la couverture d'assurance contre les ouragans et autres catastrophes naturelles". "Les petits pays de la Caraïbe, qui sont caractérisés par un espace économique sévèrement limité, nécessitent un régime d'assurance proportionnel à la menace".

Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain, peuplé de 10,4 millions d'habitants dont près de 60% vit avec moins de deux dollars par jour. "Tout ce qui nous arrive n'est pas dû à la fatalité, mais aux actions des êtres humains sur leur environnement. Notre responsabilité pour le redressement environnemental est une responsabilité partagée", a fait valoir Jovenel Moïse.

Il a rappelé avoir proposé "la création d'un fonds régional destiné à financer ies programmes d'atténuation des effets des catastrophes naturelles dans la région". "Ce fonds serait alimenté sur la base d'un pourcentage du produit intérieur brut des pays affectés et par les pays développés, émetteurs de gaz à effet de serre", a-t-il dit.