Gazenergie

Concert annulé après "une information concrète" de l'Espagne

Zürich, 24.08.2017

 

La police néerlandaise a déclaré jeudi avoir reçu "une information concrète" de la police espagnole sur un projet d'attentat contre un concert du groupe rock californien Allah-Las mercredi soir à Rotterdam. Il a été annulé à la dernière minute par les autorités.

"Il y avait une information concrète qu'un attentat serait commis à cette date, à cet endroit, contre ce groupe de rock", a déclaré jeudi à l'AFP le chef de la police de Rotterdam Frank Paauw. Deux arrestations ont été effectuées après l'annulation par la police néerlandaise du concert, suite à un avertissement reçu de la police espagnole vers 17h30.

A Rotterdam, le périmètre de sécurité a été levé jeudi. "La menace spécifique autour du concert est passée", a assuré à l'AFP Lennart de Jong, porte-parole du maire.

L'occupant d'une habitation du Brabant (sud), un Néerlandais âgé de 22 ans, a été arrêté jeudi vers 02h00 par les collaborateurs des Services d'interventions spéciales (DSI). Il "est suspecté d'être impliqué dans la préparation d'un attentat terroriste", a souligné M. Paauw.

Une perquisition élargie a été menée durant la nuit, selon la police. Selon l'agence de presse néerlandaise ANP, il s'agit d'un étudiant qui vit à Zevenbergen, près de Breda (sud), chez ses parents actuellement en vacances.

Mauvais moment, mauvais endroit

Des doutes subsistent toutefois jeudi quant à l'implication du conducteur d'une camionnette immatriculée en Espagne et contenant cinq bonbonnes de gaz. Il a été interpellé mercredi vers 21h30 à proximité de la salle de concert Maassilo, située dans une zone portuaire du sud de la ville, où était organisé le concert.

Ce technicien de profession possédait une attestation pour le transport de bonbonnes de gaz. Il "s'est trompé plus de deux fois de route" à cent mètres du Maassilo, a souligné M. Paauw. Toujours en détention, le ressortissant espagnol devait être à nouveau entendu jeudi et fait toujours l'objet d'une enquête.

Toutefois, "il semble à ce stade que nous avons plutôt affaire au mauvais homme au mauvais endroit au mauvais moment et avec le mauvais contenu dans son véhicule qu'à du terrorisme", a réagi le chef de la police de Rotterdam, parlant de "beaucoup de malchance". "Vu la manière dont se déroule l'enquête, cela va dans cette direction", a-t-il poursuivi. Ce conducteur "semblait sous l'influence de l'alcool", a précisé la police de Rotterdam dans un communiqué.

De son côté, la Guardia civil espagnole "exclut qu'il était sur le point de commettre un attentat de cette manière", a précisé la porte-parole, parlant de "hasard". "Nous croyons donc que s'il y avait une menace, elle ne venait pas de ce véhicule." Selon l'enquête de la Guardia civil, il n'y a aucun lien entre cette alerte et les attentats qui ont fait 15 morts la semaine dernière en Catalogne.

Nom sacré

Le groupe Allah-Las, qui devait se produire à 20h30 à Rotterdam, a été accompagné sous escorte policière hors du Maassilo. Le groupe a assuré dans un communiqué être "sain et sauf et très reconnaissant envers la police de Rotterdam et les autres agences chargées de détecter la menace potentielle avant que quiconque ne soit blessé".

D'après le quotidien britannique The Guardian, le groupe Allah-Las a reçu des menaces de gens se disant offensés par son nom, qui joue sur le nom de Dieu en arabe. Le groupe californien dit qu'il n'y pas volonté d'insulte.

Ramifications internationales

Ces arrestations et l'annulation du concert interviennent dans un climat tendu après les attentats en Espagne, revendiqués par le groupe djihadiste Etat islamique (EI), qui ont fait 15 morts. L'enquête se poursuit sur de possibles ramifications internationales et les déplacements à l'étranger, notamment en France et en Belgique, de plusieurs membres présumés de la cellule incriminée.

Les Pays-Bas ont pour l'heure été épargnés par la vague d'attentats qui a ébranlé leurs proches voisins européens. Les autorités locales restent toutefois sur leurs gardes en raison de plusieurs alertes ces derniers mois et de rapports indiquant que des individus liés aux attentats de Paris et de Bruxelles sont brièvement entrés dans le pays.