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Colis piégé envoyé à une rédaction à Zurich: dix ans de prison

Zürich, 26.09.2017

 

Le Tribunal pénal fédéral condamne l'expéditeur d'un colis piégé à 10 ans de prison. L'homme âgé de 41 ans est reconnu coupable de tentative répétée d'assassinat. En 2002, il avait envoyé le paquet à la rédaction zurichoise du journal albano-kosovar Bota sot.

L'engin n'avait pas explosé. En août dernier, le Ministère public de la Confédération avait requis une peine de onze ans de prison, alors que la défense avait réclamé l'acquittement.

Les juges n'ont pas cru aux explications de l'accusé, un double ressortissant suisse et macédonien. Il n'est pas vraisemblable qu'il se soit assuré, avant d'envoyer le colis, que la bombe ne fonctionne pas.

Massacre évité

L'enquête a démontré que le colis piégé aurait explosé si l'on avait soulevé le couvercle, a rappelé mardi le tribunal lors de l'énoncé du jugement. Seul le hasard a permis que le dispositif d'allumage ne s'enclenche pas, en raison de l'ouverture latérale du paquet.

L'expéditeur du colis a également été condamné pour violation de la loi sur les armes à une peine pécuniaire avec sursis. Des armes et des munitions avaient été trouvées à son domicile.

Frais et indemnités

Le quadragénaire devra verser 15'000 francs d'indemnités pour tort moral à trois personnes qui, à l'époque des faits, étaient membres de la rédaction du journal albano-kosovar Bota sot. Il devra également prendre en charge 25'000 francs de frais de procédure.

Même s'il a bénéficié de l'assistance judiciaire, il devra, dès que ses moyens le lui permettront, assumer ses frais de défense pour un montant de 50'000 francs.

Selon ses dires, l'accusé a simplement voulu "donner une leçon" à la rédaction du journal et se venger à travers cet acte. Durant la guerre au Kosovo, le média aurait rendu public l'itinéraire emprunté par les civils pour s'enfuir. Cette publication aurait entraîné des massacres.

Le paquet n'avait pas été ouvert dans les locaux de la rédaction du journal. Comme le rédacteur en chef était absent ce jour-là, c'est sa soeur qui avait pris le colis chez elle.

Fête de famille

Le lendemain, lors d'une fête de famille, le frère du destinataire avait ouvert le paquet. Il n'avait toutefois pas soulevé le couvercle, ouvrant heureusement le colis latéralement.

Douze personnes étaient présentes, parmi elles plusieurs enfants. Pour celles et ceux qui s'étaient trouvés à moins de neuf mètres, une explosion aurait pu avoir des conséquences mortelles.

Confondu par son ADN

Près de quinze ans après les faits, le quadragénaire avait été confondu par son ADN. Il avait été impliqué il y a moins d'une année dans une altercation survenue dans un établissement nocturne de Zurich.

L'homme avait été arrêté le 31 janvier dernier. Depuis le 26 mai, il subit l'exécution anticipée de sa peine. Il a toujours affirmé avoir agi seul, sous le coup de l'émotion après la diffusion d'un reportage sur les massacres de la population civile pendant la guerre qui avait ravagé le Kosovo.

Recours possible au TF

Il avait reçu la grenade placée dans le colis piégé en témoignage de gratitude pour ses services rendus à l'armée de libération du Kosovo en 2001. Il avait ramené l'engin chez lui et l'avait longtemps exposé comme un trophée dans une vitrine de son appartement.

Le jugement du TPF n'est pas définitif. Un recours peut être déposé contre le verdict auprès du Tribunal fédéral.