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Boko Haram a fait près de 400 victimes civiles depuis avril

Zürich, 05.09.2017

 

La recrudescence des attaques des djihadistes nigérians de Boko Haram a fait 381 victimes civiles au Nigeria et au Cameroun depuis avril, a annoncé mardi Amnesty International. L'ONG dénonce une situation humanitaire alarmante au lac Tchad, où 7 millions de personnes souffrent d'insécurité alimentaire.

"Du mois de mai au mois d'août, le nombre de victimes civiles est sept fois plus élevé qu'au cours des quatre mois précédents. Pour le seul mois d'août, on recense 100 morts parmi les civils", au Nigeria, ajoute l'organisation de défense des droits de l'homme dans un communiqué. Elle souligne toutefois que "le chiffre réel est sans doute plus élevé, car toutes les attaques n'ont pas forcément été signalées".

Le président nigérian Muhammadu Buhari, élu il y a deux ans, avait fait de la lutte contre Boko Haram l'une des priorités de son mandat. Bien que le groupe ait perdu beaucoup de terrain face à l'armée nigériane et à la coalition régionale, la région du lac Tchad reste encore volatile et de grandes parts du territoire sont toujours inaccessibles.

Informateurs visés

En juillet, le groupe islamiste a tué près de 70 personnes dans l'attaque d'un convoi de prospection pétrolière dans le nord-est du Nigeria. De nombreux attentats-suicides ont été perpétrés en août dans la région de Konduga, à une vingtaine de kilomètres seulement de la capitale de l'Etat du Borno, Maiduguri. Au Cameroun voisin, Amnesty recense 30 attentats-suicides depuis avril, "soit plus d'un par semaine".

Au-delà des attentats aveugles visant les civils, il semble que le groupe djihadiste - notamment la faction dirigée par le chef historique Abubakar Shekau -, se concentre à nouveau sur des crimes ciblant ceux qu'ils considèrent comme des informateurs des forces de sécurité.

Boko Haram, qui était jusqu'à la mort de son fondateur Mohamed Yusuf, tué par l'armée, une secte religieuse rigoriste, est devenu un mouvement djihadiste violent sous la direction de Shekau en 2009. Le conflit a fait plus de 20'000 morts depuis cette date - un chiffre sans doute beaucoup plus élevé - et plus de 2 millions de déplacés, selon les estimations.