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Barcelone pleure ses morts, qui auraient pu être bien plus nombreux

Zürich, 20.08.2017

 

Barcelone a rendu hommage dimanche, dans sa célèbre cathédrale de la Sagrada Familia, aux victimes des attentats en Catalogne. La police a révélé de son côté des détails glaçants sur les assaillants, qui disposaient de 120 bonbonnes de butane pour préparer des attentats de plus grande ampleur.

Pendant que l'enquête avançait, Barcelone a rendu hommage aux victimes dans une cérémonie solennelle. Près de 2000 personnes ont assisté à la "messe pour la paix et la concorde" organisée dans l'emblématique basilique aux tours hérissées marquant l'horizon de la ville. Des tireurs d'élite étaient postés sur les toits environnants.

Barcelone a traversé "des jours de larmes, de beaucoup de larmes, mais surtout de grande humanité", a dit l'évêque Sebastià Taltavull, l'un des prélats officiant la cérémonie. Dans l'assistance, le roi d'Espagne Felipe VI et son épouse Letizia, installés aux côtés du président du Portugal, écoutaient gravement les religieux.

Toute la classe politique espagnole assistait à la messe, à commencer par le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy. Protocole oblige, il était assis à côté du président de la Catalogne Carles Puigdemont avec qui les différends se multiplient depuis des mois autour de ses projets d'indépendantistes.

Identités confirmées

Les services d'urgence ont confirmé l'identification de douze victimes. Quatre sont de nationalité espagnole, deux portugaises, deux italiennes, une américaine, une hispano-argentine, une belge et une australo-britannique.

Les services d'urgence ont précisé qu'un enfant de trois ans se trouvait parmi les victimes espagnoles. Sur les 126 blessés lors du double attentat, 51 étaient toujours hospitalisées dimanche, selon le dernier bilan du gouvernement régional, dont 10 dans un état "critique" et 13 dans un état "grave".

Au moins 120 bonbonnes de gaz

Les auteurs des attentats de jeudi et vendredi en Espagne s'apprêtaient à commettre "un ou plusieurs attentats" de "manière imminente", a déclaré le chef de la police catalane Josep Lluis Trapero lors d'une conférence de presse. Un raté a entraîné la déflagration qui a détruit la maison que les auteurs occupaient depuis environ six mois et où ils préparaient les attaques.

Dans cette maison d'Alcanar (200 km au sud-ouest de Barcelone), les djihadistes avaient entreposé 120 bonbonnes de gaz au moins, a-t-il révélé. En inspectant les décombres, la police a également découvert des substances explosives et des traces de TATP, a-t-il ajouté. Cet explosif est prisé des djihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats.

Après la déflagration qui s'est produite mercredi soir, la cellule a mené un double attentat avec des véhicules-bélier à Barcelone et Cambrils. Ils n'ont toutefois pas pu se servir d'engins explosifs.

Un seul en fuite

Douze suspects ont été identifiés. Parmi eux, un seul était encore en fuite dimanche. Il s'agirait d'un Marocain de naissance, âgé de 22 ans. La police ignore s'il se trouve encore en Espagne. "Nous ne savons pas où il est", a admis Josep Lluis Trapero. Il n'a pas exclu que le suspect ait franchi la frontière française.

Depuis samedi soir les barrages de police se sont à nouveau multipliés en Catalogne. Mais la cellule en tant que telle est "neutralisée", a souligné le responsable des affaires intérieures de la région Joaquim Forn, lors de la même conférence de presse.

Au moins un des membres de la cellule djihadiste a séjourné à Zurich fin 2016. Les autorités suisses ont confirmé dimanche à l'ats cette information de médias espagnols, relayée par le site du Tages-Anzeiger.

Un imam

Le groupe terroriste comptait aussi un imam de Ripoll, a ajouté Josep Lluis Trapero, sans donner son nom. Âgé d'une quarantaine d'années, il aurait pu radicaliser les jeunes qui auraient intégré la cellule avec lui.

La police a perquisitionné son domicile à Ripoll (nord de Barcelone) samedi matin, a indiqué son colocataire. D'après des médias espagnols, l'imam avait déjà été incarcéré pour des délits mineurs.