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Au moins 31 morts dans un attentat-suicide dans les zones tribales

Zürich, 23.11.2018

 

Au moins 31 personnes ont été tuées et plus de 50 blessées vendredi lors d'un attentat-suicide dans un marché du nord-ouest du Pakistan. A Karachi (sud), quatre personnes ont été tuées dans l'attaque du consulat de Chine dans la plus grande ville du pays.

"C'était un attentat-suicide. L'équipe de police scientifique a à présent confirmé qu'un kamikaze était responsable de l'attaque", a déclaré à l'AFP Ameen Ullah, un cadre administratif local, qui avait auparavant imputé l'explosion à "un engin artisanal, caché dans un carton de légumes".

Selon lui, 31 personnes ont été tuées et plus de 50 blessés, dont 17 se trouvent dans un état critique. Un bilan confirmé par un officier de police. L'ONG Amnesty international a condamné dans un communiqué un attentat qui démontre "un mépris total pour la vie humaine".

Frontalières de l'Afghanistan, les zones tribales forment une région où les talibans et Al-Qaïda ont longtemps opéré en toute impunité. Elles étaient devenues un des enjeux de la "guerre contre le terrorisme", dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

"Sanctuaire" insurgé

Les Etats-Unis accusent fréquemment le Pakistan de tolérer la présence de sanctuaires d'insurgés dans ces territoires, ce qu'Islamabad dément.

Plusieurs attaques contre les forces de sécurité pakistanaises se sont produites ces derniers mois dans le nord-ouest du pays, ainsi que dans la province du Baloutchistan (Sud-Ouest), également frontalière de l'Afghanistan.

Le niveau des violences a toutefois fortement baissé dans le pays, selon une étude du CRSS, un centre de recherche pakistanais. Le nombre des personnes tuées dans les violences extrémistes, politiques ou criminelles, a ainsi chuté de 70% ces deux dernières années, avec 2057 morts violentes rapportées l'an passé, contre 6574 en 2015.

Attaque déjouée à Karachi

Par ailleurs, quatre personnes - deux policiers et deux civils - ont été tuées vendredi dans l'attaque par des hommes armés du consulat de Chine à Karachi, la plus grande ville du Pakistan. L'opération a été revendiquée par un groupe séparatiste baloutche qui qualifie Pékin d''oppresseur".

Les forces de sécurité ont sécurisé la zone et abattu les trois assaillants, ont annoncé deux ministres pakistanais. "Les terroristes ont été incapables de prendre des employés (du consulat) en otage ou de tuer le moindre d'entre eux", a déclaré le chef de la diplomatie pakistanaise Shah Mehmood Qureshi à la presse à Islamabad.

L'attaque a été revendiquée par l'Armée de libération du Balouchistan (BLA), qui s'oppose aux projets chinois dans cette province du sud-ouest du Pakistan. Un porte-parole de ce groupe armé a confirmé par téléphone à Reuters que trois attaquants avaient participé à l'opération et a accusé la Chine "d'exploiter les ressources" de la région.

Relation "plus puissante que l'Himalaya"

Pékin est le principal allié et partenaire d'Islamabad, consacrant des milliards de dollars d'investissements dans des projets d'infrastructures au Pakistan.

Pékin a condamné "fermement" cette attaque, par la voix d'un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Geng Shuang. Elle a demandé à Islamabad de prendre des "mesures concrètes pour "assurer la sécurité des citoyens et des institutions chinois au Pakistan".

"De tels incidents ne pourront jamais saper la relation Pak-Chine, qui est plus puissante que l'Himalaya et plus profonde que la mer d'Arabie", a toutefois rassuré le Premier ministre pakistanais Imran Khan, dans un communiqué, tout en ordonnant une "enquête complète" sur l'attaque.

Le Balouchistan, situé près de l'Afghanistan et de l'Iran, a d'importantes réserves de minerais et de gaz naturel mais reste la province la plus pauvre du Pakistan. En août, un kamikaze de la BLA a attaqué un bus transportant des travailleurs chinois, faisant cinq blessés.