Gazenergie

Alpiq renonce à vendre une partie de ses barrages - Décision saluée

Zürich, 28.08.2017

 

Alpiq a opéré un revirement stratégique. Le producteur et fournisseur d'électricité valdo-soleurois renonce à vendre une partie de ses centrales hydroélectriques et continue à miser sur les barrages. Cette décision est saluée de toutes parts.

En ouvrant son portefeuille hydroélectrique, comme annoncé début mars 2016, Alpiq voulait réduire sa dépendance vis-à-vis des prix de l'électricité sur les marchés de gros et redonner des bases plus solides et durales à la production hydraulique déficitaire, a rappelé lundi le groupe. Mais les critères définis - prix, conditions contractuelles et sécurité de la transaction -, n'ont pas tous été remplis.

Il est clair qu'une vente était difficile, vu l'environnement du marché, estime Stefan Müller-Altermatt (PDC/SO), président de la commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie du Conseil national (CEATE-N) contacté par l'ats. Que maintenant Alpiq lui-même ait plus confiance dans l'hydraulique et qu'il veuille en profiter à l'avenir, est positif.

"Les investisseurs potentiels n'étaient notamment pas prêts à supporter leur part de risques réglementaires", explique encore le groupe. Pour Stefan Müller-Altermatt, cet argument ne tient pas la route. Selon le conseiller national, Alpiq n'a jamais donné aucun signe indiquant que les conditions réglementaires péjorait la situation.

Sur la scène politique

Alpiq explique aussi ce revirement par le fait que les récents débats politiques reposent sur le constat qu'il est nécessaire d'agir dans le domaine hydraulique. Roberto Schmidt, conseiller d'Etat valaisan, approuve et salue la décision de l'énergéticien.

Selon lui, c'est une "nouvelle réjouissante" pour le Valais. "C'est important qu'Alpiq - qui détient 27% de toutes les capacités hydroélectriques du canton - reste propriétaire de ses centrales".

Perte au semestre

Par ailleurs, Alpiq a annoncé avoir enregistré au 1er semestre 2017 une perte nette de 5 millions de francs, avant éléments exceptionnels, contre un bénéfice de 41 millions un an plus tôt. En tenant compte d'effets liés à une procédure d'arbitrage, à la cession de parties de l'entreprise, à des provisions ou d'autres facteurs exceptionnels, la perte nette atteint même 109 millions au premier semestre, contre -2 millions un an plus tôt.

Le résultat opérationnel brut EBITDA, avant effets exceptionnels, est aussi en recul de 33,9% à 158 millions de francs. Cette baisse est due essentiellement aux effets de change négatifs, suite à l'arrivée d'opérations de couverture contractées avant l'abandon du taux plancher de l'euro et l'arrêt non planifié de la centrale nucléaire de Leibstadt.

A cela s'ajoute la faiblesse des prix de gros. La production d'électricité en Suisse (Generation Switzerland) est déficitaire. Seules les trois nouvelles unités, soit Digital & Commerce, Industrial Engineering et Building Technology & Design ont généré l'intégralité du résultat opérationnel.

Digital & Commerce est active dans l'optimisation des centrales du groupe, ainsi que celle des unités décentralisées et d'énergies renouvelables de tiers et dans les activités de négoce. Industrial Engineering s'occupe de la construction, de l'exploitation et du démantèlement de centrales, des installations industrielles ainsi que des énergies renouvelables réglementées. Building Technology & Design se concentre sur les techniques du bâtiment.

Ouverture aux investisseurs

Le chiffre d'affaires progresse au premier semestre de 14,6% à 3,45 milliards de francs, grâce à la hausse des volumes de transactions dans les activités de négoce et de vente.

Pour l'ensemble de 2017, Alpiq s'attend à un résultat opérationnel inférieur à celui de l'année passée. Les effets de change négatifs et les prix de gros toujours faibles pèsent sur la production électrique suisse.

L'entreprise va se focaliser sur ces trois nouveaux domaines de croissance (Digital & Commerce, Industrial Engineering et Building Technology & Design). Elle fera avancer comme prévu le processus d'ouverture aux investisseurs qui auront "accès à un portefeuille attractif d'activités innovantes et rentables".

Introduction en Bourse possible

Alpiq se montre disposé à ouvrir aux investisseurs jusqu'à 100% de ces trois secteurs de croissance, a déclaré Jasmin Staiblin, directrice générale devant la presse. A partir de 2018, les investisseurs potentiels devraient être approchés. Aucune date butoir n'a été fixée.

Différentes options seront étudiées, a précisé le directeur financier Thomas Bucher. Une introduction en Bourse n'est pas exclue.

Les secteurs en croissance doivent être assurés ainsi que des liquidités pour réduire l'endettement net. Le but n'est toutefois pas de liquider le groupe, "sinon nous aurions annoncé aujourd'hui que nous revendons tout au plus offrant, ce qui n'est pas le cas", a ajouté Thomas Bucher.

A la Bourse suisse, l'action Alpiq était en légère hausse en début d'après-midi dans un marché à la baisse.