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Accord pour un cessez-le-feu bilatéral entre ELN et gouvernement

Zürich, 04.09.2017

 

Le gouvernement colombien et la guérilla de l'ELN, en pourparlers de paix depuis février, ont convenu d'un cessez-le-feu bilatéral. Cette annonce intervient peu avant la visite du pape François attendu mercredi à Bogota.

"Oui, cela a été possible! Nous remercions toutes celles et tous ceux qui ont résolument appuyé les efforts pour parvenir à ce #CeseAlFuegoBilateral (Cessez-le-feu bilatéral)", a tweeté la délégation de l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste) depuis Quito, où se tiennent les négociations.

Le cessez-le-feu entrera en vigueur à partir du 1er octobre. Il aura une durée initiale de 102 jours, c'est-à-dire jusqu'au 12 janvier prochain, a déclaré dans la foulée le président colombien Juan Manuel Santos au cours d'une allocution télévisée. "La priorité est de protéger les civils", a-t-il ajouté.

Motivés par la visite du Pape

L'ELN, dernière guérilla active de Colombie, a ajouté sur un autre compte Twitter: "Nous avons dit que la visite du pape François devait être une motivation supplémentaire pour accélérer la recherche d'accords, qui sont principalement destinés aux communautés qui souffrent des lamentables conséquences du conflit".

"Une fois passés les jours de fête qui accompagnent la présence de François en Colombie, nous resterons déterminés à progresser vers une désescalade du conflit, jusqu'à ce que la Paix complète soit une réalité", a ajouté cette rébellion inspirée de la révolution cubaine et des idées du Che Guevara.

Pour son vingtième voyage pontifical, le cinquième en Amérique latine, le pape François va passer cinq jours en Colombie dans les villes de Bogota, Villavicencio, Medellin et Cartagène. Le souverain pontife entend participer à la réconciliation d'un pays dont la population, catholique à quelque 80%, est divisée par plus de cinquante ans de guérilla.

"Aujourd'hui, le plus grand défi de l'Eglise colombienne est de contribuer à endiguer la polarisation (de la société) autour du processus de paix entre le gouvernement et les groupes rebelles", expliquait ce week-end l'archevêque Octavio Ruiz, un responsable colombien du Vatican. "Le moment est venu pour nous d'accepter la grandeur du pardon, de laisser derrière nous cette sombre période de guerre et de sang."

Négociations bilatérales

Le cessez-le-feu a été conclu dans le cadre du 3e cycle des négociations de paix menées entre le gouvernement du président colombien Juan Manuel Santos et l'ELN, depuis le 7 février dans la capitale de l'Equateur voisin. Il était prévu que ce cycle se termine vendredi, mais il avait finalement été prolongé jusqu'à samedi, puis jusqu'à ce lundi.

Les deux parties négociaient ces jours-ci la possibilité d'un cessez-le-feu bilatéral temporaire avant l'arrivée du souverain pontife, en visite en Colombie du 6 au 10 septembre.

Le gouvernement exigeait de la guérilla qu'elle renonce aux enlèvements, aux attentats contre les infrastructures pétrolières du pays, aux mines anti-personnel et au recrutement de mineurs.

L'ELN attendait pour sa part un engagement des autorités à assurer la sécurité des leaders d'associations et défenseurs des droits humains par des gangs issus de la démobilisation des milices paramilitaires d'extrême droite en 2006.

"Paix complète"

Le président Santos, prix Nobel de la Paix 2016 avait signé en novembre un accord de paix historique avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la plus ancienne guérilla du continent. Il espère parvenir à une "paix complète" après un conflit de plus d'un demi-siècle qui a fait plus de 260'000 morts, plus de 60'000 disparus et plus de sept millions de déplacés.

L'ex-mouvement rebelle qui a terminé son désarmement en juin dernier, s'est reconverti en parti politique légal en tant que "Force alternative révolutionnaire commune".